S'établir
Comprendre le métier, vérifier, chiffrer, puis statut, obligations et classement
Comprendre le métier d'hôtelier indépendant
Pour l'Insee, l'hôtellerie correspond au code d'activité 55.10Z « Hôtels et hébergement similaire » : la mise à disposition de chambres ou de suites meublées pour un séjour de courte durée, généralement à la journée ou à la semaine, avec un service de chambre et un nettoyage quotidiens. Les centres et villages de vacances avec service de chambre quotidien y figurent aussi (nomenclature NAF rév. 2).
Le code du tourisme définit l'hôtel de tourisme comme un établissement commercial d'hébergement classé, qui loue des chambres ou des appartements meublés à une clientèle de passage qui, sauf exception, n'y élit pas domicile ; il peut comporter un service de restauration. Il est dit saisonnier s'il n'ouvre pas plus de neuf mois par an (art. D. 311-4). Un hôtel peut aussi exploiter sans classement (voir I. Le classement).
Comment le métier est organisé
Selon l'Insee (« Parc et fréquentation des hôtels », données annuelles 2025, parues le 23 juillet 2026, issues de l'enquête de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme, France entière) :
- 14 886 hôtels en 2025, avec 618 200 chambres ;
- 11 253 hôtels indépendants, avec 316 400 chambres et un taux d'occupation moyen de 60,2 %, contre 3 634 hôtels de chaîne, avec 301 800 chambres et 64,4 % ;
- 11 710 hôtels classés et 3 176 non classés.
Le taux d'occupation est la part des chambres offertes qui ont été occupées. Sur cette page, l'Insee ne précise pas ce qu'il range parmi les chaînes : un hôtel membre d'un groupement volontaire n'est pas forcément compté comme une chaîne.
La Direction générale des entreprises (DGE) distingue trois façons d'exploiter : les exploitants indépendants, les réseaux volontaires et les chaînes hôtelières intégrées (page « Hôtels et hôtels de tourisme », 25 juillet 2024). Les principaux groupements d'hôtels indépendants sont présentés dans notre guide visibilité ; les rejoindre est traité dans Se projeter.
Les principales façons de s'installer :
- Créer ou reprendre un hôtel : racheter le fonds de commerce (la clientèle, le nom, le matériel, le droit au bail), les parts de la société qui l'exploite, ou les murs et le fonds. Le montage se chiffre dans le business plan.
- La location-gérance : le propriétaire du fonds vous le loue, et vous l'exploitez à vos risques et périls (code de commerce, art. L. 144-1) ; vous avez alors la qualité de commerçant (art. L. 144-2).
- L'hôtel saisonnier, ouvert neuf mois par an au plus, à la mer ou à la montagne.
- Avec restaurant ou bar : une licence et un permis d'exploitation (voir Avant tout), et souvent la formation à l'hygiène alimentaire (voir Se former).
Le métier au quotidien
Les repères qui suivent viennent de l'expérience de professionnels, pas de règles officielles.
- Un hôtel ne ferme pas : 7 jours sur 7 pendant la période d'ouverture, nuits comprises. Le règlement de sécurité impose qu'un membre du personnel ou un responsable soit présent en permanence dans l'hôtel ouvert au public (voir H) : dans un petit hôtel, c'est souvent l'exploitant qui assure la nuit.
- La journée suit les arrivées et les départs : petit-déjeuner tôt le matin ; départs, puis ménage des chambres par les femmes et valets de chambre, contrôlé par la gouvernante, en fin de matinée ; arrivées l'après-midi et le soir, parfois très tard.
- La saison : pour un hôtel de loisirs, les week-ends, les vacances et les événements locaux font les pics ; en ville, la clientèle d'affaires remplit surtout la semaine. Un hôtel saisonnier fait ses travaux en basse saison ; un hôtel ouvert toute l'année doit les organiser sans fermer, chambre par chambre.
- Le personnel : recruter, et parfois loger, des saisonniers chaque année ; remplacer au pied levé un salarié absent en pleine saison. Le plus souvent, c'est l'exploitant qui prend le poste.
- Le travail qui ne se voit pas : plannings et paie, commandes, pannes et maintenance, réponses aux messages et aux avis, mise à jour des prix sur les plateformes, comptabilité, taxe de séjour.
- Le corps et la tête : beaucoup de temps debout, des étages, des chambres à refaire, des matelas et du linge à porter, des nuits courtes en saison ; et la responsabilité permanente de la sécurité des clients et de la réputation de l'hôtel.
- La vie privée : beaucoup d'exploitants logent sur place ; en haute saison, prendre des congés est presque impossible sans une équipe de confiance. Tenir l'hôtel soi-même ou le confier à un directeur salarié, ce n'est pas le même métier ni le même budget.
Le parcours suivi par ce guide
Un hôtel demande un investissement lourd (fonds, parfois murs, travaux, personnel) : ce guide suit le plus souvent la création d'une société (voir E. Choisir votre structure). La micro-entreprise est rarement adaptée à un hôtel ; ses plafonds et ses taux sont présentés dans notre guide statut.
Avant tout : ce qui pourrait bloquer le projet
L'accès au métier. Aucun texte n'impose de diplôme pour exploiter un hôtel ; deux formations sont en revanche obligatoires selon votre activité : le permis d'exploitation si vous servez de l'alcool, et la formation à l'hygiène alimentaire si vous faites de la restauration commerciale, dont un hôtel qui ne sert que des petits-déjeuners peut se dispenser (voir Se former).
Avant tout achat ou engagement, vérifiez aussi :
- Mairie et urbanisme : plan local d'urbanisme, changement de destination des locaux.
- Sécurité : la situation de l'établissement auprès du secrétariat de la commission de sécurité ou du service départemental d'incendie et de secours (SDIS), dont sa catégorie (voir H. Les obligations).
- Bail : si vous louez les murs, la clause de destination.
- Licence : elle dépend de ce que vous servez. Selon service-public (fiche F22379, vérifiée le 27 novembre 2025) : les boissons sans alcool se vendent sans licence ; pour servir de l'alcool seulement avec les repas, un restaurant peut prendre une licence de restaurant ; pour un bar où l'on boit sur place, il faut une licence III (boissons jusqu'à 18°) ou une licence IV (au-delà), et une licence IV ne peut plus être créée, seulement rachetée. La licence se déclare à la mairie (à Paris, à la préfecture de police) au moins quinze jours avant l'ouverture, avec le permis d'exploitation (code de la santé publique, art. L. 3332-3) ; une reprise se déclare comme une mutation, dans le même délai (art. L. 3332-4). Le repreneur doit donc avoir son propre permis d'exploitation avant de déclarer la mutation.
Faire vos comptes : votre business plan
Le business plan sert d'abord à vous : savoir si le projet tient. La banque le lira ensuite. C'est un document écrit qui présente votre projet en détail ; il doit être réaliste et montrer que le projet est sérieux (justice.fr, fiche « Concevoir son business plan », mise à jour du 26 décembre 2025). Il tient en quatre blocs.
a. Le projet et le marché
Quelle clientèle visez-vous (loisirs, affaires, groupes, clientèle de passage) ? Qui sont vos concurrents directs ? Cherchez des repères locaux auprès des observatoires du tourisme, de la CCI, de l'office de tourisme et dans les prix affichés par les hôtels voisins.
b. L'investissement et le financement
- Le montage : reprise ou création ; achat du fonds, location-gérance, achat des parts d'une société, ou murs et fonds ; avec ou sans bail commercial.
- Pour une reprise : faites auditer les trois derniers bilans, l'excédent brut d'exploitation (EBE, ce que l'exploitation dégage avant amortissements, frais financiers et impôt), la valorisation du fonds, les contrats en cours (personnel repris, plateformes, logiciels), l'état technique du bâtiment (chaudière, toiture, ascenseur, électricité, sécurité incendie) et le dernier procès-verbal de la commission de sécurité. Les documents que le vendeur doit vous remettre sont présentés dans Se projeter.
- Les travaux et mises aux normes à chiffrer : sur devis, en vous appuyant sur des projets comparables près de chez vous, avec une marge pour les imprévus de chantier.
- Votre apport personnel et votre capacité de remboursement : c'est ce que la banque regarde en premier. Les aides (D) entrent dans le plan de financement.
- Les garanties possibles : caution personnelle, nantissement du fonds, hypothèque, garantie Bpifrance.
- Les frais de la reprise, à ne pas oublier : droits d'enregistrement de la cession (voir Se projeter), honoraires (avocat, notaire, expert-comptable), stock repris, travaux de mise aux normes et trésorerie de démarrage.
- Les conseils de professionnels, pour une reprise : faites réaliser un audit technique du bâtiment par un professionnel avant de signer, et négociez une période de transmission avec le vendeur, pour connaître la clientèle, les fournisseurs et les habitudes de la maison.
c. Les recettes et les charges
Les recettes : un taux d'occupation et un prix moyen net de commission, appuyés sur ce que vous observez localement, avec un scénario prudent. La taxe de séjour n'est pas une recette : vous la collectez pour la commune.
Les charges, en commençant par la plus lourde :
- la masse salariale : ouverture 7 jours sur 7, présence permanente la nuit (obligatoire, voir H), personnel en saison, et votre propre temps de travail. Anticipez aussi le rôle et le statut d'un conjoint ou d'un associé qui travaille avec vous ;
- le loyer des murs si vous n'exploitez que le fonds ;
- linge et blanchisserie, produits d'accueil, ingrédients du petit-déjeuner ;
- énergie, eau, internet, entretien ;
- commissions des plateformes de réservation, logiciels (PMS, channel manager) ;
- assurances, CFE, honoraires comptables, intérêts d'emprunt ;
- une provision pour le renouvellement (literie, revêtements, peinture).
d. La trésorerie et ce qu'il vous faut pour vivre
- Le besoin en fonds de roulement : ce qu'il faut financer avant les premières recettes (stocks, cautions, salaires à avancer, préparation de la saison).
- Un prévisionnel sur plusieurs années : une activité hôtelière met du temps à monter en régime ; il est courant de bâtir le prévisionnel sur au moins trois ans.
- Le test inverse : à quel taux d'occupation l'hôtel couvre-t-il à la fois les charges, les remboursements et ce qu'il vous faut pour vivre ?
- Le capital de vos emprunts n'est pas une charge, mais il pèse sur votre trésorerie : prévoyez-le dans le plan de financement. Votre rémunération, les cotisations et l'impôt sont traités dans Se rémunérer.
Les aides au démarrage
Reprendre ou créer un hôtel demande un apport important : les aides au démarrage entrent dans le plan de financement (bloc b du business plan), mais elles complètent votre apport : elles ne remplacent pas le prêt bancaire qui finance le fonds ou les murs. L'Acre est réservée à certains profils (notamment demandeurs d'emploi, bénéficiaires du RSA ou de l'ASS, 18-25 ans) ; hors micro-entreprise, elle réduit vos cotisations sociales pendant 12 mois. Elle se demande à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début de l'activité (service-public, fiche F11677, vérifiée le 1er juillet 2026). Si France Travail vous indemnise, vous choisissez entre cumuler une partie de votre allocation avec vos revenus et l'Arce, 60 % des droits restants versés en deux fois, qui suppose d'avoir obtenu l'Acre (fiche F15252, vérifiée le 13 août 2026) : tranchez avec votre conseiller avant de signer la reprise. Les prêts d'honneur, personnels et sans intérêts, renforcent votre apport avant le rendez-vous à la banque.
En société, ce qui est propre à l'hôtel : l'Acre vaut pour la personne qui exerce le contrôle effectif de la société, par exemple en détenant, seule ou avec sa famille proche, plus de la moitié du capital, dont au moins 35 % à titre personnel, pendant au moins deux ans. Hors micro-entreprise, l'exonération est de 25 % des cotisations d'assurance maladie, maternité, retraite de base, invalidité-décès et allocations familiales quand le revenu professionnel ne dépasse pas 75 % du plafond annuel de la sécurité sociale (36 045 €), puis elle diminue jusqu'à disparaître à 48 060 € (fiche F11677). Si vous êtes président de SAS, donc assimilé salarié, demandez à l'Urssaf comment l'aide s'applique à votre rémunération, avant la signature.
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Pour le détail : Les aides au démarrage.
Choisir votre structure
Le business plan a posé le montage (reprise ou création, murs et fonds ou fonds seul). Reste à choisir qui porte quoi : l'exploitation et les murs. Le fonds de commerce (l'activité hôtelière) et les murs (le bâtiment) ne relèvent pas forcément de la même structure. La structure d'exploitation détermine aussi qui porte le fonds et, le cas échéant, la licence de boissons. Ce qui est commun à tous les indépendants (choix général, compte bancaire professionnel, expert-comptable) est détaillé dans notre guide Statut, comptabilité, fiscalité, protection sociale et compte bancaire pro.
L'exploitation : le fonds de commerce
Selon la fiche service-public « Choisir la forme juridique de votre entreprise » (F23844) :
- Entreprise individuelle : responsabilité limitée au patrimoine professionnel ; l'entrepreneur relève de la sécurité sociale des indépendants ; c'est la forme la plus simple.
- SARL, ou EURL si vous êtes seul : responsabilité limitée au montant des apports. Le gérant majoritaire de SARL, comme le gérant associé unique d'EURL, est travailleur non salarié et relève de la sécurité sociale des indépendants ; un gérant minoritaire est assimilé salarié. Le fonctionnement est encadré (approbation annuelle des comptes en assemblée).
- SAS, ou SASU si vous êtes seul : responsabilité limitée au montant des apports. Le président est assimilé salarié et relève du régime général. Les statuts se rédigent avec une grande liberté.
Le coût des cotisations et le niveau de protection ne sont pas les mêmes selon le régime du dirigeant (voir Votre protection) : comparez-les avant de choisir.
- La limitation de responsabilité d'une SARL ou d'une SAS est souvent réduite en pratique par les cautions personnelles que demande la banque.
- Si vous rachetez les parts d'une société existante, faites vérifier son passif et demandez une garantie de passif : à voir avec votre avocat.
- Si vous restez en entreprise individuelle au régime micro, ni l'amortissement du bâtiment ni les intérêts d'emprunt ne se déduisent un par un : tout passe par l'abattement forfaitaire. D'où l'intérêt fréquent du régime réel, à étudier avec un expert-comptable.
Votre conjoint : si votre conjoint, partenaire de Pacs ou concubin travaille régulièrement dans l'entreprise, il doit choisir un statut (conjoint collaborateur, salarié ou associé), déclaré à la création ou plus tard (code de commerce, art. L. 121-4). Décidez-le dès son entrée dans l'activité.
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Pour le détail : Travailler en couple : le statut du conjoint.
Les murs
Deux situations : vous êtes locataire des murs, avec un bail commercial, ou vous en êtes propriétaire. Dans ce second cas, les murs sont souvent détenus par une structure distincte, par exemple une société civile immobilière (SCI), qui les loue à la société d'exploitation par un bail commercial. Points à étudier avec un avocat : un loyer cohérent avec le marché entre la SCI et l'exploitation ; ce que prévoit le bail en cas de cession du fonds ; le choix entre une SCI à l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur les sociétés, dont les traitements diffèrent. Une société de tête (holding) peut venir plus tard : voir Se projeter.
Les régimes propres à l'hôtel
- La TVA : l'hébergement hôtelier est taxé au taux réduit de 10 %, comme les ventes à consommer sur place (petit-déjeuner, repas), à l'exclusion des boissons alcooliques, qui relèvent du taux de l'article 278 (code général des impôts, art. 279, a et m, lu le 4 octobre 2026). L'article 279 est abrogé au 1er janvier 2027 par la recodification du code : ses règles seront transférées, et les références seront à revérifier à cette date.
- La cotisation foncière des entreprises (CFE) : une taxe locale. L'année de la création, l'entreprise dépose une déclaration initiale n° 1447-C-SD avant le 31 décembre (service-public, fiche F23547).
- La taxe de séjour, que vous collectez pour la commune : voir S'organiser.
Se faire accompagner
Les organisations professionnelles du secteur proposent à leurs adhérents de l'information et de la défense. Selon leurs propres sites :
- UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) (nouvel onglet) : réponses de juristes et de fiscalistes aux questions de ses adhérents, défense dans le cadre de leurs activités professionnelles, formations par son organisme Aktiveo Formation.
- GHR (Groupement des hôtelleries et restaurations de France) (nouvel onglet) : information et formation ; défense du métier auprès des pouvoirs publics, via ses délégations régionales.
L'adhésion est payante, et la cotisation varie selon les organisations. Comparez les services proposés avant d'adhérer, et pensez aussi à votre chambre de commerce et d'industrie (CCI), à l'office de tourisme local et à votre expert-comptable.
La convention collective HCR, si vous embauchez
La convention applicable est la convention collective nationale des hôtels, cafés, restaurants (HCR) du 30 avril 1997, IDCC 1979 (IDCC : son numéro d'identification). Selon son article 1er, elle s'applique aux entreprises dont l'activité principale est l'hébergement et/ou la fourniture de repas et/ou de boissons, dont « les hôtels avec restaurant » et « les hôtels de tourisme sans restaurant », et à tous leurs salariés (exploitation, entretien, maintenance, administratif) (lu sur Légifrance le 4 octobre 2026).
Elle comporte notamment des titres sur :
- le contrat de travail, l'apprentissage et la formation ;
- la durée et l'aménagement du temps de travail, les congés ;
- la rupture du contrat ;
- les salaires et classifications, la prévoyance.
Les sujets qui comptent en pratique dans un hôtel (saisonniers, travail de nuit, heures supplémentaires, avantages en nature et repas, jours fériés, apprentis) sont à vérifier dans le texte de la convention avant la première embauche. Consultez la version à jour sur Légifrance (nouvel onglet) ou sur le Code du travail numérique (nouvel onglet).
L'employeur informe le salarié des conventions et accords collectifs applicables, et en tient un exemplaire à jour à sa disposition sur le lieu de travail (code du travail, art. R. 2262-1, version du 1er novembre 2023). Faites suivre son application (grilles de salaires, avenants) par un expert-comptable ou un gestionnaire de paie.
Les obligations propres à l'hôtel
Un hôtel est un établissement recevant du public (ERP) de type O. Avant de signer, intégrez ces obligations à votre business plan : elles pèsent sur les travaux et sur le calendrier d'ouverture.
La catégorie de votre hôtel
La catégorie dépend de l'effectif, c'est-à-dire du nombre de personnes autorisées à être présentes en même temps dans l'établissement ; pour les catégories 1 à 4, le personnel est compté avec le public. Le classement est validé par le préfet (service-public, F32351) : faites confirmer la catégorie par la commission de sécurité ou le SDIS avant l'achat. Rien à voir avec les étoiles du classement touristique.
Un hôtel qui accueille 100 personnes ou plus relève des quatre premières catégories, et les règles propres au type O s'appliquent ; la catégorie exacte (1re à 4e) dépend de l'effectif. En dessous de 100 personnes, il est en 5e catégorie, avec des règles propres (règlement de sécurité, art. PE 2 et O 1), présentées ci-dessous.
L'ouverture et les travaux
Après des travaux de construction ou de réhabilitation, ou après une fermeture de plus de 10 mois, l'exploitant demande la visite de réception de la commission de sécurité, plus d'un mois avant la date d'ouverture prévue ; le maire autorise ensuite l'ouverture par arrêté (justice.fr, fiche « Quelle autorisation faut-il demander pour ouvrir un ERP au public ? »). Avant tout aménagement, une autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un ERP est nécessaire : elle vérifie le respect des règles d'accessibilité et de sécurité incendie (service-public, F31687). Pour une reprise, demandez le dernier procès-verbal de la commission et la liste des prescriptions en suspens (voir le business plan, bloc b).
La commission de sécurité
Pour un hôtel de la 1re à la 4e catégorie, la commission de sécurité effectue une visite périodique tous les 3 ans. Cette fréquence peut être modifiée par arrêté du maire ou du préfet, après avis de la commission (art. GE 4). Pour un hôtel de 5e catégorie, renseignez-vous auprès de la commission de sécurité sur les visites prévues. Selon service-public, l'exemption de visite périodique vise les ERP de 5e catégorie sans locaux d'hébergement (F31684).
En cas de danger, le maire peut, après une mise en demeure restée sans effet, prendre un arrêté de fermeture de l'établissement (service-public, F31684).
Les règles de sécurité d'un hôtel de 5e catégorie
Le règlement de sécurité (arrêté du 25 juin 1980) prévoit notamment, pour un hôtel de moins de 100 personnes :
- Une présence permanente : un membre du personnel ou un responsable au moins doit être présent en permanence lorsque l'établissement est ouvert au public. La dispense prévue pour les petits établissements ne vise que ceux qui n'ont pas de locaux à sommeil : elle ne concerne donc pas un hôtel (art. PE 27, § 1, version en vigueur depuis le 1er mai 2026). La permanence est assurée dans un local équipé du tableau de signalisation ou d'un report d'alarme ; la personne peut s'en éloigner, en restant dans l'établissement, si l'alarme lui est renvoyée sur un récepteur autonome (art. PO 3).
- L'alarme et l'alerte : un système d'alarme audible partout, maintenu en bon état, et une liaison avec les sapeurs-pompiers ; des consignes affichées (numéro d'appel des pompiers, adresse du centre de secours, conduite à tenir) et un plan d'intervention à l'entrée (art. PE 27, § 2 à § 6). Une consigne type « Conduite à tenir en cas d'incendie » figure en annexe de l'article PO 11.
- Le personnel formé : il participe deux fois par an à des séances d'instruction et d'entraînement, adaptées aux conditions d'exploitation et au rythme saisonnier (art. PO 7 et PO 12).
- Les extincteurs : au moins un, avec au minimum un pour 300 m² et un par niveau (art. PE 26).
- Les vérifications : avant l'ouverture, détection incendie, désenfumage et électricité vérifiés par un organisme agréé, et contrat annuel d'entretien de la détection (art. PE 4). Les règles propres aux hôtels prévoient en outre un contrôle de l'ensemble des installations techniques par un technicien compétent tous les deux ans, et chaque année pour les installations électriques et la détection incendie, y compris dans un hôtel existant ; les ascenseurs suivent des règles particulières (art. PO 1, § 3, et PO 8). La règle générale des ERP de 5e catégorie avec locaux à sommeil fixe, elle, une vérification « au moins tous les trois ans » (art. PE 4) : retenez la fréquence la plus exigeante et faites-la confirmer par la commission de sécurité ou votre bureau de contrôle.
- Les escaliers et les portes : escaliers protégés au-delà d'un étage sur rez-de-chaussée, deux escaliers au-delà de 50 personnes sur plusieurs étages, avec des atténuations pour les hôtels existants ; portes des locaux pare-flammes une demi-heure, avec ferme-porte (art. PO 2, PO 4 et PO 9).
Le très petit hôtel existant : un établissement qui accueille 20 personnes au plus dans les chambres et dont l'étage le plus élevé ouvert au public est à moins de 8 mètres du niveau d'accès des secours. Il est dispensé d'encloisonner ses escaliers, mais doit avoir un système de sécurité incendie de catégorie A et une détection automatique dans les circulations et dans tous les locaux sauf les sanitaires ; il est dispensé de blocs d'éclairage de sécurité, avec un éclairage portatif suffisant (art. PO 13).
Le registre de sécurité
L'exploitant d'un ERP doit tenir un registre de sécurité, papier ou dématérialisé, mis à jour dès qu'une information change et systématiquement présenté à la commission de sécurité lors d'un contrôle. On y trouve :
- la liste du personnel chargé du service d'incendie ;
- les consignes générales et particulières en cas d'incendie ;
- les consignes d'évacuation tenant compte des différents types de handicap ;
- les dates des contrôles et vérifications, et les observations auxquelles ils ont donné lieu ;
- les dates, la nature et les entreprises des travaux d'aménagement et de transformation (et, s'il y a lieu, l'architecte ou le technicien chargé de les surveiller).
Source : service-public, F31684 (vérifiée le 30 avril 2025), qui cite le code de la construction et de l'habitation, art. R. 143-44. Reportez-y aussi les vérifications techniques (contrats d'entretien, rapports des organismes agréés) et les exercices éventuels, et gardez-le à la réception, prêt à être présenté.
L'accessibilité
Nombre minimal de chambres adaptées, en construction neuve (arrêté du 20 avril 2017, art. 17) comme dans un établissement existant (arrêté du 8 décembre 2014, art. 17) :
- 1 chambre si l'établissement ne comporte pas plus de 20 chambres ;
- 2 chambres s'il ne compte pas plus de 50 chambres ;
- 1 chambre supplémentaire par tranche ou fraction de 50 chambres au-delà de 50.
Les chambres adaptées sont réparties sur les étages accessibles. Toutes les chambres ont au moins une prise près du lit et un numéro en relief sur la porte. Dans l'existant, un hôtel de dix chambres au plus dont aucune n'est au rez-de-chaussée ni desservie par ascenseur n'a pas à en aménager : cette exception ne vaut que dans cette situation précise. Le niveau exact exigé dépend de l'état du bâtiment et des éventuelles dérogations obtenues : faites-le confirmer avant l'achat. Selon service-public, un établissement existant peut demander une dérogation (impossibilité technique, conservation du patrimoine, coût disproportionné, refus de la copropriété), après avis d'une commission départementale ; pour les catégories 1 à 4, l'attestation de conformité est établie par un professionnel agréé (F32873).
Tenez un registre public d'accessibilité : consultable par vos clients et à jour, il décrit les prestations fournies, les pièces relatives à l'accessibilité et les formations du personnel d'accueil (CCH, art. R. 164-6).
En cas de non-respect des règles d'accessibilité : fermeture administrative possible, amende jusqu'à 45 000 € (jusqu'à 225 000 € si l'hôtel est exploité par une société), et remboursement d'éventuelles subventions de collectivités (service-public, F32873). En cas de récidive, 6 mois d'emprisonnement peuvent s'ajouter, et une société encourt aussi des peines complémentaires, dont l'interdiction d'exercer jusqu'à 5 ans (code de la construction et de l'habitation, art. L. 183-4).
Les caméras et le personnel
Vous prévoyez des caméras ? Leur installation est encadrée (autorisation préfectorale, affichage, salariés) : voir Vidéosurveillance dans S'équiper. Dès que l'hôtel recrute un salarié, le document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) devient obligatoire, sans exception. La convention collective est présentée plus haut (G).
Textes consultés sur Légifrance le 3 octobre 2026 : arrêté du 25 juin 1980 (art. GE 4, PE 2, PE 4, O 1 ; PE 26, PE 27 et PO 1 à PO 13 lus le 4 octobre 2026), arrêtés du 20 avril 2017 et du 8 décembre 2014 (art. 17), code de la construction et de l'habitation (art. L. 183-4 et R. 164-6).
Le classement en étoiles : volontaire
Le classement en étoiles (1 à 5) est facultatif : un hôtel peut légalement exploiter sans étoile. Il reste un repère de commercialisation fort pour les clients et les plateformes de réservation (Direction générale des entreprises, page « Hôtels et hôtels de tourisme », 25 juillet 2024). Selon le code du tourisme (art. D. 311-5 à D. 311-10, lus le 4 octobre 2026) :
- La demande se fait en ligne auprès d'Atout France, avec le certificat de visite d'un organisme évaluateur accrédité par le COFRAC (Comité français d'accréditation). La visite a lieu dans les trois mois qui précèdent la demande ; l'évaluateur remet le certificat dans les quinze jours qui suivent la visite (art. D. 311-6 et D. 311-7).
- La décision : Atout France statue dans un délai d'un mois à compter du dossier complet ; un avis défavorable de l'évaluateur vaut refus. Le classement est prononcé pour cinq ans (art. D. 311-8).
- Le renouvellement (règle en vigueur depuis le 1er septembre 2026) : le classement est prorogé le temps du renouvellement si, avant son expiration, vous avez fait la visite en informant Atout France, et si vous envoyez votre dossier complet au plus tard six mois après l'expiration, avec un compte rendu de visite de moins de trente jours. Sinon, il prend fin à la date prévue (art. D. 311-8).
- Le panonceau, au modèle d'Atout France, est obligatoire en façade (art. D. 311-9) ; aucune publicité ne doit créer d'équivoque sur le classement (art. D. 311-5). Le classement peut être modifié ou abrogé après une procédure contradictoire (art. D. 311-10).
Le classement change aussi le calcul de la taxe de séjour (voir S'organiser).
Les démarches, dans l'ordre
- 1. Vérifier et chiffrer : les points de B, puis le business plan et le financement (C, D).
- 2. Créer la société et l'immatriculer au registre du commerce et des sociétés, par le guichet unique des formalités d'entreprises ; ouvrir le compte bancaire de la société (voir notre guide statut). Si vous y avez droit, demandez l'Acre dans les 60 jours (D).
- 3. Les travaux : autorisation de construire, d'aménager ou de modifier un ERP avant tout aménagement, puis, après des travaux ou une fermeture de plus de 10 mois, visite de réception de la commission de sécurité demandée plus d'un mois avant l'ouverture et arrêté d'ouverture du maire (H).
- 4. La licence, si vous servez de l'alcool : suivre la formation au permis d'exploitation (Se former), puis déclarer l'ouverture ou la mutation à la mairie au moins quinze jours avant (B).
- 5. Avant l'ouverture : assurances (S'assurer), affichage des prix, taxe de séjour et fiches de police (S'organiser), registres de sécurité et d'accessibilité (H).
- 6. À la première embauche : déclaration préalable à l'embauche (DPAE) auprès de l'Urssaf, dans les huit jours qui précèdent l'embauche (Urssaf, page « DPAE », mise à jour le 15 juillet 2026), information sur la convention et document unique (G).
- 7. Si vous le souhaitez, la demande de classement (I) ; l'année de création, la déclaration initiale de CFE (E).
Checklist et échéances
Les étapes de démarrage et les échéances qui reviennent, avec la partie du guide qui les explique :
| Quoi | Quand | Où c'est expliqué |
|---|---|---|
| Vérifier l'urbanisme, la catégorie de sécurité, le bail et la licence | Avant tout engagement | Avant tout |
| Reprise : auditer les comptes, l'état du bâtiment et le dernier procès-verbal de la commission de sécurité | Avant de signer | Business plan |
| Rédiger le business plan et le plan de financement | Avant de demander un prêt | Business plan |
| Si vous êtes indemnisé par France Travail : choisir entre le cumul de l'allocation et l'Arce | Avant la création | Aides |
| Créer la société et l'immatriculer | Avant l'ouverture | Démarches |
| Demander l'Acre à l'Urssaf | Dans les 60 jours suivant le début de l'activité | Aides |
| Demander l'autorisation de travaux d'un ERP | Avant tout aménagement | Obligations |
| Demander la visite de réception de la commission de sécurité | Plus d'un mois avant l'ouverture (après travaux ou fermeture de plus de 10 mois) | Obligations |
| Suivre la formation au permis d'exploitation | Avant de déclarer la licence | Se former |
| Déclarer l'ouverture ou la mutation de la licence en mairie | Au moins 15 jours avant | Démarches |
| Souscrire les assurances (bâtiment, responsabilité, prévoyance) | Avant l'ouverture | S'assurer |
| Afficher les prix (extérieur, réception, chambres) et préparer le modèle de note | À l'ouverture | S'organiser |
| Choisir un médiateur de la consommation et l'indiquer aux clients | Avant la première réservation | S'organiser |
| Pouvoir recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs | Depuis le 1er septembre 2026 | S'organiser |
| Émettre des factures électroniques et transmettre l'e-reporting (PME et micro-entreprises) | 1er septembre 2027 | S'organiser |
| Se renseigner sur la taxe de séjour auprès de la commune | Avant l'ouverture | S'organiser |
| Tenir le registre de sécurité et le registre public d'accessibilité | Dès l'ouverture, à jour en continu | Obligations |
| Faire remplir les fiches de police des clients étrangers et les conserver | À chaque arrivée ; conservation 6 mois | S'organiser |
| Déclarer chaque embauche (DPAE), informer sur la convention HCR, rédiger le document unique (DUERP) | À la première embauche | Convention collective |
| Demander le classement en étoiles (facultatif) | Quand vous le souhaitez ; visite moins de 3 mois avant la demande | Classement |
| Déposer la déclaration initiale de CFE (1447-C-SD) | Année de création, avant le 31 décembre | Structure et régimes |
| Hôtel de 5e catégorie : faire contrôler les installations techniques | Tous les 2 ans ; électricité et détection incendie chaque année | Obligations |
| Instruire et entraîner le personnel à la sécurité incendie (hôtel de 5e catégorie) | Deux fois par an | Obligations |
| Visite périodique de la commission de sécurité (catégories 1 à 4) | Tous les 3 ans | Obligations |
| Renouveler le classement en étoiles | Avant la fin des 5 ans | Classement |
| Renouveler le permis d'exploitation (formation de mise à jour) | Au bout de 10 ans | Se former |
| Revoir les références au CGI (art. 279 et 286) dans vos documents | 1er janvier 2027 (recodification) | Structure et régimes |
S'assurer
Le bâtiment, la responsabilité envers les clients, et votre propre protection
Prévenir votre assureur
Décrivez précisément l'activité à votre assureur (nombre de chambres, restauration, bar, piscine, navette) et demandez-lui par écrit ce que le contrat couvre : un risque non déclaré peut ne pas être pris en charge. Votre banque et votre bailleur demanderont souvent une attestation.
La responsabilité civile d'exploitation
Aucun texte lu pour ce guide n'impose à un hôtel une assurance de responsabilité civile d'exploitation (RC exploitation). Elle est indispensable en pratique, souvent comprise dans les contrats multirisques proposés aux hôtels (vérifiez-le), et souvent exigée par la banque ou le bailleur : elle couvre les dommages causés aux clients (chute sur une terrasse ou un escalier, objet blessant en chambre, blessure lors d'une activité organisée par l'établissement). Si vous servez des repas ou des petits-déjeuners, vérifiez que le contrat couvre aussi le risque d'intoxication alimentaire.
Le bâtiment et son contenu
C'est ici l'enjeu principal : un hôtel repose sur un bâtiment, souvent le plus gros investissement de l'activité. Le mécanisme général (locataire ou propriétaire, « risques locatifs ») est commun à tous les indépendants qui ont un local : voir le principe général dans notre guide des assurances. Si vous êtes propriétaire des murs, l'assurance doit couvrir la valeur de reconstruction du bâtiment, pas seulement son contenu. Une multirisque professionnelle couvre en général le bâtiment, le mobilier, le matériel et les pertes d'exploitation après un sinistre : comparez plusieurs devis, garantie par garantie.
Les obligations de sécurité de l'établissement (S'établir, H) ne relèvent pas de l'assurance : elles s'imposent à vous quel que soit votre contrat.
Les objets de vos clients
Vous répondez, comme dépositaire, des objets apportés par le client qui loge chez vous, y compris en cas de vol ou de dommage causé par votre personnel ou par des tiers (code civil, art. 1952 et 1953) :
- objet confié à la réception (ou refusé sans motif légitime) : responsabilité illimitée, malgré toute clause contraire ;
- objet resté en chambre : plafond de cent fois le prix de la nuit, sauf faute de votre part ou de ceux dont vous répondez ;
- objets laissés dans un véhicule stationné sur un lieu dont vous avez la jouissance privative : cinquante fois le prix de la nuit (art. 1954).
Vous n'êtes pas responsable en cas de force majeure ni pour un vice de l'objet (art. 1954). Vérifiez que votre contrat couvre cette responsabilité, et voyez le coffre-fort dans S'équiper.
Le véhicule : rarement pertinent
Seulement si vous proposez une navette ou un transfert (gare, aéroport) : voir le principe général dans notre guide des assurances.
Votre propre protection
Si vous ne pouvez plus travailler, l'hôtel doit continuer à tourner : c'est le risque principal d'un établissement tenu par une ou deux personnes. Ce que prévoit le régime de base dépend de votre statut (voir S'établir, E), selon la fiche service-public « Protection sociale du dirigeant de société » (F38152, vérifiée le 25 juin 2026) :
- Gérant majoritaire de SARL ou d'EURL (travailleur non salarié) : indemnités journalières maladie après un délai de carence de 3 jours, si vous cotisez depuis au moins un an, dans la limite de 65,84 € par jour ; retraite de base et complémentaire, invalidité. Vous ne cotisez pas à l'assurance des accidents du travail et maladies professionnelles, mais pouvez souscrire une assurance volontaire individuelle.
- Président de SAS ou de SASU (assimilé salarié) : un régime proche de celui des salariés ; indemnités journalières maladie à partir du 4e jour d'arrêt, égales à 50 % du salaire journalier, dans la limite de 41,95 € ; retraite, invalidité-décès ; frais médicaux remboursés en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle.
- Pas d'assurance chômage classique : le travailleur indépendant peut seulement prétendre, sous conditions, à l'allocation des travailleurs indépendants (ATI), en cas d'arrêt involontaire (liquidation ou redressement judiciaire, activité non viable), après au moins deux ans d'activité, pendant 182 jours au plus (service-public, fiche F23994, vérifiée le 1er avril 2026). Pour un président de SAS, la fiche F38152 ne mentionne pas d'assurance chômage : renseignez-vous auprès de France Travail avant de compter sur une indemnisation.
Une prévoyance complémentaire (indemnités, invalidité, décès) se choisit selon votre situation : le détail commun à tous les indépendants est dans notre guide Statut, comptabilité, fiscalité, protection sociale et compte bancaire pro.
Se former
Pas de diplôme imposé, mais deux formations obligatoires selon votre activité
Faut-il un diplôme ?
Non : aucun texte n'impose de diplôme pour exploiter un hôtel ; deux formations sont en revanche obligatoires selon votre activité, présentées ci-dessous (voir aussi S'établir, B). Les formations en hôtellerie (diplômes, titres inscrits au répertoire national des certifications professionnelles, RNCP) sont utiles pour apprendre le métier ou encadrer une équipe, pas obligatoires.
Les formations obligatoires selon votre activité
- Le permis d'exploitation, dès que vous déclarez l'ouverture, la mutation ou le transfert d'un débit de boissons ou d'une licence de restaurant : une formation d'au moins 20 heures réparties sur au moins trois jours (6 heures si vous justifiez de dix ans d'expérience comme exploitant), dispensée par un organisme agréé. Le permis est valable dix ans ; une formation de mise à jour d'au moins 6 heures le prolonge de dix ans (code de la santé publique, art. L. 3332-1-1 et R. 3332-7, lus le 4 octobre 2026).
- La formation à l'hygiène alimentaire, si l'hôtel exerce une activité de restauration commerciale : 14 heures au moins, dont une partie en présentiel, une personne par établissement, sans obligation de renouvellement. Selon service-public, un hôtel qui sert uniquement des petits-déjeuners peut s'en dispenser ; on l'appelle souvent « formation HACCP », mais elle ne doit pas être confondue avec la méthode HACCP du « Paquet hygiène » européen (fiche F32189, vérifiée le 12 mars 2024).
Le détail (formats, dispenses, contenu) est dans notre guide formation et licence.
Choisir un organisme
- Permis d'exploitation : l'organisme doit être agréé par arrêté de l'autorité administrative (art. L. 3332-1-1) ; demandez-lui la référence de son agrément.
- Financement : selon France compétences, depuis le 1er janvier 2022, les organismes qui veulent accéder aux financements publics ou mutualisés (CPF, opérateurs de compétences, France Travail, régions…) doivent être certifiés Qualiopi. Vérifiez-le avant de vous inscrire si vous comptez faire financer la formation.
Financer votre formation : CPF et autres
Le compte personnel de formation (CPF) finance les formations qui préparent une certification inscrite au RNCP ou au répertoire spécifique (RS). Selon service-public, le compte d'un travailleur indépendant est crédité de 500 € par année de travail, jusqu'à 5 000 € ; en 2026, une participation de 150 € reste à votre charge, sauf cofinancement par un employeur (fiche F10705, vérifiée le 27 juin 2026). Votre solde et les formations éligibles se consultent sur Mon Compte Formation (nouvel onglet). Pour la formation de vos salariés, demandez à votre expert-comptable de quel opérateur de compétences (OPCO) relève votre entreprise.
Se faire connaître
Plateformes, fiche Google, site direct, avis et photos
Les canaux de réservation
La plupart des hôtels indépendants combinent plusieurs canaux :
- Les agences de voyage en ligne (OTA : Booking.com, Expedia) : beaucoup de visibilité, en échange d'une commission par réservation, dont le taux dépend de la plateforme et de votre contrat. Lisez aussi les conditions d'annulation et de parité tarifaire qu'elles imposent.
- La fiche Google (Google Business Profile) : gratuite, souvent consultée avant de réserver ; elle peut afficher des liens de réservation vers votre propre site.
- Votre site, avec un moteur de réservation : pas de commission de plateforme, mais un outil, des frais bancaires et du trafic à faire venir.
- Les groupements et réseaux volontaires (Logis Hôtels, Contact Hôtel…) : une enseigne commune et parfois un canal de réservation mutualisé ; les rejoindre est traité dans Se projeter.
- La clientèle locale et institutionnelle : les entreprises proches (contrats pour leurs déplacements), l'office de tourisme, les organisateurs d'événements.
- Les comparateurs de prix d'hôtels et les sites d'avis, qui renvoient vers les plateformes ou vers votre site.
- Les réseaux sociaux : une image entre deux séjours, rarement le premier canal de réservation d'un hôtel.
Les labels de l'État : « Destination d'excellence », lancé le 1er mai 2024, remplace « Qualité Tourisme » (plus attribué depuis le 31 août 2024, ses titulaires gardant l'usage de la marque jusqu'au 31 décembre 2026) ; « Tourisme & Handicap » atteste l'accessibilité pour quatre types de handicap. Les deux sont valables cinq ans et gérés par Atout France (Direction générale des entreprises, « Réforme des marques nationales du tourisme », 27 mai 2024).
Aucune statistique officielle ne publie la part de chaque canal : mesurez la vôtre dans votre PMS ou votre channel manager (voir S'organiser). Le détail des canaux, des groupements et des outils d'avis est dans notre guide visibilité et e-réputation.
Les avis clients
Les clients lisent les avis (Google, plateformes) avant de réserver ; sur les plateformes, la note compte aussi dans le classement des résultats, selon des règles que les plateformes ne publient pas en détail. Répondez à tous les avis, y compris aux critiques, sur un ton factuel, et traitez la cause quand une remarque revient.
Jamais de faux avis, ni rédigés par vous, vos proches ou votre personnel, ni achetés (fiche DGCCRF « Avis en ligne : attention aux faux commentaires ! » (nouvel onglet)).
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Pour le détail : Les avis clients.
Les photos
Des photos récentes, en lumière naturelle, de chaque type de chambre, de la salle de bain, du petit-déjeuner, de l'accueil et des extérieurs ; les mêmes sur la fiche Google, le site et les plateformes. Montrez la chambre telle que le client la trouvera : une photo trop flatteuse se paie dans les avis.
Aucun lien de ce guide n'est un lien affilié.
S'organiser
Réservations et caisse, prix et note, taxe de séjour, fiches de police, organisation du travail
Le PMS, le channel manager et la caisse
Un PMS (logiciel de gestion hôtelière) centralise le planning des chambres, les fiches clients, la facturation et les encaissements ; un channel manager synchronise vos disponibilités et vos tarifs entre les plateformes et votre site ; le moteur de réservation permet de réserver et de payer sur votre site. Beaucoup d'offres réunissent les trois.
Critères à regarder avant de choisir :
- connexions officielles avec les plateformes que vous utilisez ;
- conformité du module d'encaissement (ci-dessous) ;
- gestion du petit-déjeuner, de la taxe de séjour et des groupes ;
- mode de tarification (prix public ou devis), durée d'engagement, coût de sortie et récupération de vos données ;
- support en français, joignable le soir et le week-end.
La plupart des éditeurs ne publient pas de grille tarifaire : le prix dépend du nombre de chambres et se fixe souvent sur devis. Notre comparatif PMS et channel manager présente les principales solutions (liens sans affiliation).
Le PMS est aussi votre logiciel de caisse
À l'hôtel, la caisse, c'est le PMS : c'est lui qui enregistre les paiements des clients. Si l'hôtel est assujetti à la TVA et que le PMS encaisse des clients particuliers, il doit garantir l'inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l'archivage des données (code général des impôts, art. 286, I, 3° bis, lu le 2 octobre 2026, recodifié au 1er janvier 2027). Avant de signer avec un éditeur, exigez son certificat ou son attestation individuelle, et demandez-le aussi pour un outil déjà en place : l'absence de justificatif est sanctionnée d'une amende (détail ci-dessous). Même vérification pour tout autre outil qui encaisse des clients particuliers, comme la caisse du bar ou du restaurant.
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Pour le détail : Le logiciel ou système de caisse.
La facturation électronique : selon impots.gouv.fr, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026 ; les PME et micro-entreprises devront les émettre, et transmettre les données de leurs ventes aux particuliers (e-reporting), à partir du 1er septembre 2027 (page « Je découvre la facturation électronique », modifiée le 26 mai 2026). Demandez à l'éditeur de votre PMS et à votre expert-comptable comment ils s'y préparent.
Les prix, la note et les conditions de vente
L'arrêté du 18 décembre 2015 sur la publicité des prix des hébergements touristiques s'applique aux hôtels, classés ou non :
- Partout : le prix affiché est toutes taxes comprises et inclut toute prestation indispensable ; la taxe de séjour, qui ne peut pas y être incluse, est mentionnée à côté (art. 2). Pendant la réservation, le client sait si le petit-déjeuner et internet sont compris dans le prix (art. 4).
- À l'extérieur, près de l'entrée principale : le prix de la prochaine nuitée en chambre double, ou le prix maximum pratiqué sur une période qui l'inclut ; si le petit-déjeuner et internet sont compris ; comment connaître les autres prix (art. 6).
- À la réception : les mêmes informations, les heures d'arrivée et de départ, et les suppléments en cas de départ tardif (art. 7).
- Dans chaque chambre : les prix de toutes les prestations annexes (art. 8).
La note : selon service-public, vous la remettez dès que la prestation atteint 25 € TTC, ou si le client la demande. Elle indique vos coordonnées, la date, la date et le lieu de la prestation, le détail des prestations, le total hors taxes et toutes taxes comprises et le nom du client (sauf s'il s'y oppose) ; elle est établie en deux exemplaires, dont vous conservez le double deux ans. Cette obligation est affichée au lieu de paiement. À défaut, l'amende est de 3 000 € pour une personne physique et de 15 000 € pour une société (fiche F18960, vérifiée le 26 avril 2024).
Les conditions de vente : écrivez vos règles de réservation, d'acompte, d'annulation et de non-présentation, communiquez-les avant la réservation et faites-les relire. Sur les plateformes, ce sont souvent leurs conditions qui s'appliquent : vérifiez la cohérence avec vos réservations directes. Le contrat avec une plateforme de réservation est un mandat : vous restez libre de consentir à vos clients tout rabais ou avantage tarifaire, toute clause contraire étant réputée non écrite (code du tourisme, art. L. 311-5-1, lu le 4 octobre 2026).
Le médiateur de la consommation : choisissez un médiateur avant tout litige et communiquez ses coordonnées (nom, adresse, site internet) à vos clients, notamment sur votre site et dans vos conditions de vente (service-public, fiche F33338, vérifiée le 27 octobre 2023).
La taxe de séjour
Là où la commune ou l'intercommunalité l'a instituée, la taxe de séjour est payée par le client ; l'hôtelier la collecte et la reverse à la collectivité. Selon le ministère de l'Économie, les plateformes peuvent aussi la collecter et la déclarer pour vous : vérifiez ce qu'elles font réellement, pour ne pas l'oublier sur vos réservations directes. Son mode de calcul dépend du classement : un tarif par nuit et par personne selon la catégorie pour un hôtel classé, un pourcentage du coût de la nuitée par personne (1 à 5 % selon la commune, dans la limite du tarif le plus élevé adopté par la collectivité) pour un hôtel non classé (code général des collectivités territoriales, art. L. 2333-30, version en vigueur au 2 octobre 2026). Renseignez-vous auprès de votre commune sur les tarifs, les exonérations et les dates de reversement.
La fiche de police des clients étrangers
Tout client étranger remplit et signe, dès son arrivée, une fiche individuelle de police : nom et prénoms, date et lieu de naissance, nationalité, domicile habituel, téléphone mobile et adresse électronique, date d'arrivée et date de départ prévue. Les enfants de moins de 15 ans peuvent figurer sur la fiche d'un adulte qui les accompagne. Les fiches sont conservées six mois et remises, sur demande, à la police ou à la gendarmerie, éventuellement sous forme dématérialisée (code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, art. R. 814-1 à R. 814-3, lus le 4 octobre 2026). Beaucoup de PMS proposent ce formulaire.
Organiser le travail
Les repères qui suivent viennent de l'expérience de professionnels, pas de règles officielles.
- Le planning : construit à partir des réservations de la semaine (arrivées, départs, recouches), pas de la capacité ; les règles de durée du travail et de repos sont celles de la convention HCR (S'établir, G).
- La nuit : un membre du personnel ou un responsable doit rester présent dans l'hôtel, près du tableau ou d'un report d'alarme, ou joignable par un récepteur autonome s'il s'en éloigne (art. PE 27 et PO 3, voir S'établir, H). Écrivez la procédure pour une arrivée tardive, une urgence ou une alarme.
- Trois temps forts : le matin (petit-déjeuner et départs), la fin de matinée et le début d'après-midi (ménage des chambres), la fin de journée et le soir (arrivées). Renforcez les équipes sur ces créneaux, avec des saisonniers ou des extras quand l'activité le demande.
- Le ménage et le linge : en interne ou confiés à un prestataire ; dans ce cas, fixez par écrit le contrôle de la qualité et les délais.
- Les procédures écrites et le cahier de consignes : ouverture et clôture de caisse, contrôle des chambres, objets trouvés, pannes, demandes des clients à transmettre d'une équipe à l'autre ; ils permettent à un remplaçant de tenir un poste.
- Le temps administratif : une plage fixe dans la semaine pour les factures, la paie, la taxe de séjour, les avis et la mise à jour des prix.
Les indicateurs à suivre
Votre PMS les calcule : le taux d'occupation (part des nuits vendues sur les nuits disponibles), le prix moyen par nuit vendue (ADR) et le RevPAR (revenu par chambre disponible, qui combine occupation et prix moyen). Suivez aussi le coût réel de chaque canal : une réservation sur une plateforme coûte une commission, une réservation directe coûte le moteur de réservation, les frais bancaires et la publicité. Ajuster les prix selon la demande (saison, événements, délai avant le séjour) s'appelle le revenue management (on dit aussi yield management) : c'est vous qui fixez les prix ; le channel manager les diffuse ensuite sur tous les canaux à la fois.
S'équiper
Aménager chambres et accueil, matériel, consommables, entretien, services et caméras
Dans un hôtel, l'essentiel de l'équipement tient au bâtiment lui-même : travaux, mises aux normes, aménagement des chambres et des espaces communs. Le budget se chiffre dans votre business plan, et les charges courantes qui en découlent dans les recettes et les charges.
Aménager l'hôtel
Les travaux et les mises aux normes
Intégrez dès la conception les exigences de sécurité et d'accessibilité d'un établissement recevant du public (voir S'établir, H), une fois les vérifications d'urbanisme et de sécurité faites en amont (voir S'établir, B). Toute autorisation de travaux d'un ERP se demande avant l'aménagement.
Les chambres et l'accueil : conseils
Les conseils qui suivent viennent de l'expérience d'hôteliers, pas de règles officielles : adaptez-les à votre établissement.
La literie d'abord. Dans un hôtel, c'est le premier poste qui se voit dans les avis, et c'est là qu'on économise le moins bien. Prenez une literie de qualité hôtelière, essayez-la sur place plutôt que sur catalogue, protégez les matelas avec des housses lavables, et prévoyez des lits qu'on peut défaire en deux lits simples pour accueillir couples, collègues ou familles. Pensez au linge dès le départ : un repère courant est de prévoir plusieurs jeux par lit (en chambre, au lavage, en stock), et un tissu qui supporte les cycles de blanchisserie coûte moins cher à l'usage qu'un beau tissu fragile.
La chambre se pense en temps de ménage. Chaque minute gagnée par chambre se retrouve sur la masse salariale. Choisissez des revêtements qui se nettoient vite, des têtes de lit lavables et peu de décoration à épousseter. Les clients, eux, jugent le silence (portes, cloisons, moquette), la douche (eau chaude stable, bonne pression, ventilation), la lumière près du lit, les prises accessibles et un wifi qui tient sur tout l'étage. Rénovez par phases, en commençant par les chambres qui se vendent le mieux, plutôt qu'en un seul chantier qui vide l'hôtel.
Espaces communs et petit-déjeuner. Décidez tôt entre buffet, service à table ou plateaux : ce choix dicte la surface, le matériel de froid et le personnel du matin. Une salle de petit-déjeuner qui sert aussi de salon ou de bar le soir rend l'espace rentable. Quelques bons produits locaux se voient plus qu'un buffet immense ; renseignez-vous sur les règles d'hygiène avant d'acheter du matériel (voir Se former).
L'accueil. C'est le premier contact. Un comptoir pratique avec le logiciel de gestion, un terminal de paiement et un coffre à portée de main ; pour les arrivées tardives, une organisation qui respecte la présence permanente obligatoire (voir S'établir, H) ; une signalétique claire dès l'entrée, et un affichage visible des tarifs, horaires et consignes (voir S'organiser, les prix).
Le matériel
Distinguez ce qui s'amortit (literie, mobilier, matériel de cuisine et de laverie, informatique, terminal de paiement) de ce qui se rachète (les consommables, ci-dessous). Le premier se chiffre dans l'investissement du business plan, avec un plan de renouvellement ; le second dans les charges. Pour le matériel électrique mis à disposition des clients, voir les conseils sur les services, plus bas.
Les consommables : la liste à tenir
Conseils, pas une liste officielle : selon votre classement et votre clientèle, certaines lignes seront inutiles ou à compléter. Leur coût se chiffre dans votre business plan (les recettes et les charges).
Un consommable, c'est ce qui part avec le client ou à la poubelle, ou ce qui s'use vite. Le poste paraît petit chambre par chambre, mais il se répète à chaque nuitée : listez-le une fois, puis suivez-le. Ces listes sont indicatives, pas obligatoires.
- Chambre : papier toilette, mouchoirs, sacs poubelle, sacs d'hygiène ; bloc et stylo si vous en laissez ; cartes d'accès ou clés de rechange, piles de télécommande, ampoules ; cartes « ne pas déranger », informations clients, sacs à linge.
Conseil : un chariot de ménage standardisé, avec une dotation fixe par chambre ; l'écart entre ce qui est sorti et ce qui est commandé signale le gaspillage ou la casse. - Salle de bain et produits d'accueil : savon, gel douche, shampooing ; selon la gamme, après-shampooing, crème, kits dentaire et de rasage, bonnet de douche, coton ; à la demande à la réception, brosse à dents, peigne, rasoir, nécessaire de couture.
Conseil : distributeur mural ou petits flacons, c'est un choix de positionnement : le distributeur réduit les déchets et le réassort mais se contrôle (remplissage, fuites) ; le flacon individuel se jette. Renseignez-vous sur les règles applicables aux produits à usage unique. - Linge : linge de lit et de bain à renouveler, protège-matelas et protège-oreillers, peignoirs, chaussons, serviettes de piscine ou de spa ; lessive et détachants si vous lavez sur place.
Conseil : tenez un inventaire et réformez avant que les clients ne le signalent dans les avis. Avec un prestataire, fixez par écrit la fréquence de collecte, les délais et les règles en cas de linge abîmé ou perdu. - Petit-déjeuner : boissons, pain et viennoiseries, produits frais selon votre offre, vaisselle de dépannage, serviettes ; produits d'hygiène de cuisine et étiquettes de traçabilité.
Conseil : c'est le poste le plus périssable. Commandez à partir de l'occupation prévue, pas de la capacité ; premier entré, premier sorti ; un fournisseur de secours. - Entretien et ménage : produits pour sols, sanitaires, vitres et surfaces, désinfectant, détartrant ; lavettes, éponges, gants, sacs, balais ; sacs et filtres d'aspirateur ; consommables de laverie.
Conseil : peu de références, bien dosées, avec leurs fiches techniques accessibles ; formez les nouveaux au dosage et aux produits à ne pas mélanger. - Réception et bureau : papier, rouleaux du terminal de paiement, cartouches ; cartes d'accès vierges, plans de ville, étiquettes bagages, parapluies de dépannage ; piles, chargeurs, adaptateurs.
Conseil : surveillez surtout les rouleaux de terminal et les cartes d'accès, avec un point de commande minimal. - Technique et maintenance : ampoules, piles, joints, flexibles, pommeaux, abattants ; filtres de ventilation et de climatisation ; peinture de retouche, silicone, visserie ; pièces d'usure des machines ; sel d'adoucisseur.
Conseil : gardez en stock les pièces qui bloquent une chambre (serrure, joint, pommeau) : une chambre hors service coûte plus que la pièce.
L'hygiène et l'entretien
Si l'hôtel fait de la restauration commerciale, une personne formée à l'hygiène alimentaire est requise (voir Se former). Pour le reste, les repères qui suivent viennent de l'expérience de professionnels, pas de règles officielles :
- Un ordre de ménage écrit par type de chambre (départ ou recouche), avec une liste de contrôle, pour que chaque chambre soit faite de la même façon.
- Le contrôle : une chambre est vérifiée avant d'être remise en vente, surtout avec du personnel nouveau.
- Le linge : séparer le sale et le propre, dans les chariots comme dans les réserves.
- L'entretien de fond (matelas, rideaux, moquettes, joints, ventilation) planifié en basse saison, chambre par chambre.
Services en plus : ce qu'ils apportent, ce qu'ils coûtent en organisation
Un service en plus se paie en temps (ménage, contrôle, réassort), en suivi (facturation, péremption) et parfois en responsabilité. Avant de l'ajouter : vos clients le demandent-ils vraiment ? Qui s'en occupe, à quelle heure ? Que se passe-t-il quand ça ne marche pas ?
- Minibar : attendu dans certaines gammes (affaires, haut de gamme). Rempli, il demande un contrôle à chaque départ, une facturation avant le départ, un suivi des péremptions et du stock, et suscite des litiges : du temps par chambre, donc de la masse salariale. Vide, le client y met ses achats : beaucoup moins de travail, mais nettoyez-le et vérifiez qu'aucun objet n'y a été oublié.
Conseil : évitez le minibar rempli si l'équipe est réduite ; pensez au bruit du compresseur la nuit. - Distributeur automatique 24 h/24 : boissons, snacks et produits de dépannage à toute heure, utile si le comptoir de réception n'est pas tenu. Plus de contrôle en chambre, mais un contrat d'approvisionnement et de maintenance, un emplacement qui ne gêne ni la circulation ni l'évacuation (voir les obligations de l'hôtel), et la gestion des pannes et remboursements.
Conseil : clarifiez avant de signer qui répond de quoi (panne, vol, remboursement) ; pensez au paiement par carte et à l'accès pour un client en fauteuil. - Coffre-fort en chambre : rassurant pour la clientèle d'affaires ou étrangère, peu de travail s'il est électronique.
Conseil : une procédure écrite d'ouverture (code oublié, coffre non vidé au départ : qui ouvre, devant qui, comment on le consigne).
Votre responsabilité pour les objets des clients est expliquée dans S'assurer.
Conseil : le plafond de votre responsabilité ne joue pas en cas de faute de votre part ou de votre personnel (code civil, art. 1953) : entretenez les coffres, réinitialisez les codes à chaque départ, proposez le coffre de la réception pour les objets de valeur, et vérifiez votre assurance. - Cintres et petit équipement : cintres en nombre suffisant (ils disparaissent) ; sèche-cheveux solide et peu bruyant, vérifié à chaque nettoyage ; bouilloire et plateau de courtoisie, appréciés mais à détartrer et réassortir, ou un point boissons chaudes en libre-service ; fer à repasser à demander à la réception, à coupure automatique ; quelques prises USB en tête de lit plutôt qu'un stock de chargeurs.
Conseil : entretenez le matériel électrique et retirez-le s'il est défectueux, avec une liste de contrôle par chambre ; à voir aussi avec votre assureur. - Bagagerie : très demandée pour les arrivées tôt et les départs tard. Prévoyez des tickets, une procédure de dépôt et de remise, et ce que vous acceptez ou non ; ne laissez jamais de bagages dans les circulations ou devant les issues de secours.
- Prêt de vélos : bonne image en zone touristique ou urbaine, si vous avez un local abrité ; entretien régulier, cahier de prêt ou caution, règles d'usage, assurance à vérifier. Seulement si quelqu'un en assure vraiment le suivi.
- Autres services : blanchisserie ou pressing pour les longs séjours, réveil, parking et borne de recharge, petit-déjeuner en chambre, salle de réunion, animaux acceptés (ménage spécifique, règles écrites).
Le conseil de fond : peu de services bien tenus plutôt que beaucoup de services mal suivis. Un minibar jamais réapprovisionné ou un vélo crevé abîme plus l'image qu'un service jamais proposé. Revoyez la liste à chaque saison.
Vidéosurveillance : s'équiper dans les règles
Des caméras rassurent clients et personnel, mais leur installation est encadrée par le code de la sécurité intérieure (CSI) et par les règles de protection des données, présentées par la CNIL (sources en fin de section).
Le principe : dans un lieu ouvert au public, la caméra n'est possible que si le lieu est exposé à un risque de vol ou d'agression, et elle exige l'autorisation du préfet (CSI, art. L. 251-2 et L. 252-1). Ailleurs, pas d'autorisation, mais le RGPD s'applique : information des personnes, durée de conservation, inscription au registre des traitements (CNIL).
Espace par espace
| Espace | Ce qui s'applique |
|---|---|
| Hall, réception, entrée | Ouverts au public : autorisation du préfet |
| Couloirs et parties communes réservés aux clients | Un espace réservé aux clients n'est pas forcément « ouvert au public » au sens du CSI : c'est la préfecture qui tranche |
| Parking | Ouvert à tous : autorisation du préfet. Fermé et réservé aux clients : qualification à faire confirmer par la préfecture |
| Abords sur la voie publique | Seulement dans les lieux particulièrement exposés, après information du maire et autorisation (art. L. 251-2) |
| Locaux du personnel (hors zones de pause), réserves | Non ouverts au public : RGPD et code du travail, pas d'autorisation préfectorale (CNIL). Les réserves et le local à linge sans salarié à demeure sont le cas courant |
| Chambres | Interdit : filmer une personne dans un lieu privé sans son consentement est une atteinte à la vie privée (code pénal, art. 226-1) |
Conseil : faites confirmer la qualification de chaque espace par la préfecture avant l'installation.
Les règles à respecter
- Ce qu'on ne filme pas : les toilettes ; les salariés à leur poste de travail, sauf circonstances particulières (par exemple la manipulation d'argent) ; les zones de pause ou de repos du personnel. Le dispositif ne doit pas servir à vérifier que le personnel fait correctement son travail (CNIL).
- Affichage : un panneau visible avec pictogramme, finalité, durée de conservation, contact, droits et CNIL.
- Durée de conservation : celle que fixe l'autorisation, sans pouvoir dépasser un mois, sauf enquête ou information judiciaire (CSI, art. L. 252-5) ; selon la CNIL, quelques jours suffisent le plus souvent.
- Salariés : information individuelle de chaque salarié, et information et consultation des représentants du personnel avant toute installation (CNIL). La caméra de la réception filme presque toujours un salarié : cadrez-la sur l'entrée et le comptoir, pas sur le poste de travail.
- Accès aux images : seules les personnes habilitées (direction, responsables de la sécurité) peuvent les visionner ; elles ne doivent pas être librement accessibles au personnel ni aux clients (CNIL).
Conseil : ne montrez pas les images à un client qui conteste un vol ; s'il porte plainte, ce sont les forces de l'ordre qui les demanderont. Si vous consultez les images à distance depuis un téléphone, ou si l'installateur les héberge, protégez les accès (mots de passe propres, comptes nominatifs) et faites préciser par écrit qui peut y accéder. Si l'entrée reste accessible la nuit (porte à digicode, comptoir non tenu), placez une caméra sur l'entrée plutôt que dans les couloirs. Choisissez l'emplacement des caméras avec soin et faites installer le dispositif par un professionnel.
Sources de la partie vidéosurveillance : code de la sécurité intérieure, art. L. 251-2, L. 252-1, L. 252-2 (précautions fixées par l'autorisation), L. 252-5 et L. 253-1 (contrôle par la commission départementale), lus sur Légifrance le 3 octobre 2026 ; CNIL, « La vidéosurveillance dans les commerces » et « La vidéosurveillance – vidéoprotection au travail », publiées le 23 juillet 2018, consultées le 3 octobre 2026 ; code pénal, art. 226-1, d'après service-public, fiche « Droit à l'image et respect de la vie privée » (F32103, vérifiée le 6 mai 2022), consultée le 3 octobre 2026.
Se rémunérer
Ce qui reste une fois les charges, les emprunts, l'impôt et les cotisations payés
Faire votre propre calcul
Aucune source officielle ne publie de revenu « type » pour un hôtelier indépendant : il dépend trop de la taille de l'hôtel, de son emplacement, de sa saison et de son montage. Faites votre calcul à partir de votre business plan :
Recettes (en euros hors taxes) = nombre de chambres × nombre de nuits d'ouverture × taux d'occupation × prix moyen hors taxes, net de commission
+ petit-déjeuner, restaurant, bar et autres services
− charges (celles de votre business plan) = résultat de l'exploitation
puis, selon la structure, impôt, rémunération du dirigeant et cotisations, et remboursement du capital des emprunts.
La taxe de séjour n'entre pas dans les recettes : vous la reversez à la commune.
Ce qui est prélevé
Les prélèvements dépendent de la structure choisie (voir S'établir, E) ; leurs taux changent souvent et dépendent de votre situation. Faites-les calculer par votre expert-comptable.
| Ce qui est taxé | Ce qui est prélevé | Qui le calcule |
|---|---|---|
| Le bénéfice de la société | Impôt sur les sociétés (SARL, SAS) | La société, avec son expert-comptable |
| Votre rémunération de gérant majoritaire (travailleur non salarié) | Cotisations sociales des indépendants, puis impôt sur le revenu | Vous, auprès de l'Urssaf, sur vos revenus professionnels |
| Votre salaire de président de SAS (assimilé salarié) | Cotisations sociales du régime général, puis impôt sur le revenu | La société, qui verse les cotisations à l'Urssaf |
| Les dividendes | Impôt et prélèvements sociaux ; pour un gérant majoritaire, cotisations sociales sur la part qui dépasse 10 % du capital social (service-public, fiche F36065) | Votre expert-comptable |
Comment vous vous payez
En société, vous vous rémunérez par un salaire de dirigeant, par des dividendes, ou par les deux. Le régime social de votre rémunération dépend de la forme de la société (voir S'établir, E). Arbitrez entre salaire et dividendes avec votre expert-comptable, en tenant compte de votre protection (voir S'assurer).
Anticiper la trésorerie
Les recettes d'un hôtel suivent la saison, mais les salaires, les remboursements d'emprunt, les impôts et les cotisations tombent toute l'année : gardez une réserve constituée pendant les mois pleins, et prévoyez les gros travaux pendant les mois creux. Un prévisionnel mois par mois, mis à jour chaque trimestre, vous évite les découverts.
Se projeter
S'agrandir, revendre ou arrêter
S'agrandir ou changer d'enseigne
- Embaucher : déclaration préalable à l'embauche, convention collective HCR et document unique s'appliquent dès le premier salarié (voir S'établir, G et J).
- Ajouter des chambres : l'effectif augmente, et avec lui, parfois, la catégorie de sécurité (à partir de 100 personnes, catégories 1 à 4) et le nombre de chambres adaptées exigé ; une autorisation de travaux d'ERP est nécessaire (voir S'établir, H).
- Ouvrir un second hôtel : un nouveau business plan, souvent une nouvelle société d'exploitation, et la question d'une société de tête (ci-dessous).
- Rejoindre un groupement ou une franchise : l'enseigne qui impose une exclusivité doit vous remettre, au moins 20 jours avant la signature ou avant tout versement, un document d'information précontractuel sincère (ancienneté et expérience de l'enseigne, état du marché, importance du réseau, durée, renouvellement, résiliation, cession, exclusivités) (code de commerce, art. L. 330-3). Faites-le relire par un juriste. Les principaux groupements sont présentés dans notre guide visibilité.
La holding
Une holding est une société qui détient les parts de la société d'exploitation, et parfois celles de la SCI des murs. Deux régimes fiscaux sont souvent cités : le régime mère-fille pour les dividendes reçus (code général des impôts, art. 145 et 216) et celui des plus-values de cession de titres de participation (art. 219 I a quinquies, modifié par la loi de finances pour 2026). Leurs conditions sont précises : à étudier avec un avocat ou un expert-comptable.
Revendre ou transmettre
Vous pouvez vendre le fonds de commerce (la société le cède, ou vous le cédez si vous êtes en entreprise individuelle), ou les parts de la société qui l'exploite ; dans ce second cas, l'acheteur reprend aussi son passif et demandera une garantie. La valeur d'un hôtel dépend notamment de ce qu'il dégage, de l'état du bâtiment, du bail et des travaux à prévoir. Les professionnels croisent en général plusieurs approches (la rentabilité de l'exploitation, la valeur des éléments repris, les ventes comparables) : faites-la estimer par un professionnel.
Les règles de la vente du fonds
Selon le code de commerce (articles lus le 4 octobre 2026) :
- Les chiffres : au jour de la cession, vendeur et acquéreur visent un document présentant les chiffres d'affaires mensuels depuis la clôture du dernier exercice ; pendant trois ans, le vendeur met à la disposition de l'acquéreur qui le demande les livres de comptabilité des trois exercices précédant la vente (art. L. 141-2). Le vendeur garantit l'exactitude de ce qu'il annonce ; l'action doit être engagée dans l'année qui suit la prise de possession (art. L. 141-3 et L. 141-4). Les mentions que l'acte devait autrefois contenir ont été supprimées en 2019 (art. L. 141-1, abrogé).
- Le prix est ventilé entre les éléments incorporels du fonds, le matériel et les marchandises (art. L. 141-5).
- La publicité : dans la quinzaine, l'acquéreur fait publier la vente dans un support d'annonces légales du département et au Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (BODACC), après enregistrement de l'acte (art. L. 141-12 et L. 141-13). Les créanciers du vendeur ont dix jours après la dernière publication pour faire opposition au paiement du prix (art. L. 141-14) ; l'acquéreur qui paie avant n'est pas libéré à leur égard (art. L. 141-17).
- Les salariés (règles réécrites par la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026) : dans une entreprise sans comité social et économique (CSE) chargé de ces questions, ils sont informés au plus tard un mois avant la vente, pour leur permettre de présenter une offre ; la vente peut intervenir plus tôt si chacun a fait savoir qu'il n'en présenterait pas. À défaut, le vendeur s'expose à une amende civile d'au plus 0,5 % du prix de vente. La vente doit ensuite intervenir dans les deux ans. Ces règles ne s'appliquent pas à une vente au conjoint, à un ascendant ou à un descendant. Avec un CSE, celui-ci est informé et consulté sur le projet (art. L. 141-23 à L. 141-28).
Selon service-public, la cession est aussi déclarée au guichet unique dans les 45 jours suivant la publication ; elle donne lieu à des droits d'enregistrement, et la commune peut avoir un droit de préemption si le fonds est situé dans un périmètre de sauvegarde du commerce de proximité (fiche F37197).
La licence, le classement et le bail
- La licence : l'acquéreur déclare la mutation à la mairie au moins quinze jours avant (code de la santé publique, art. L. 3332-4). Déplacer la licence dans une autre commune suppose l'autorisation du préfet (art. L. 3332-11).
- Le classement est prononcé pour cinq ans (voir S'établir, I) : demandez à Atout France ce que devient le classement en cours lors de la reprise.
- Le bail : relisez avec votre avocat ce que le bail commercial prévoit en cas de cession du fonds. Si vous garantissez le paiement des loyers par l'acquéreur, le bailleur ne peut invoquer cette garantie que pendant trois ans à compter de la cession du bail (code de commerce, art. L. 145-16-2, lu le 4 octobre 2026).
Arrêter
Pour une société qui n'est pas en difficulté, selon service-public (fiche F23744, vérifiée le 7 juillet 2026) : les associés décident la dissolution et nomment un liquidateur amiable, qui peut être le dirigeant ; la dissolution est déclarée sur le guichet unique dans le mois qui suit. Le liquidateur vend les biens, paie les dettes et les salariés, puis les associés approuvent les comptes de clôture. Les dernières déclarations fiscales sont déposées dans les 60 jours qui suivent cette approbation, et la radiation est demandée dans le mois qui suit la publication de la clôture. La liquidation doit être close dans les trois ans.
Pensez aussi au bail (conditions de sortie), aux contrats de vos salariés, à la licence, aux contrats des plateformes et des logiciels, et à la taxe de séjour encore à reverser. En cas de difficultés, parlez-en tôt à votre expert-comptable.
FAQ
Questions fréquentes
Faut-il un diplôme pour ouvrir un hôtel ?+−
Non : aucun texte n'impose de diplôme pour ouvrir un hôtel. Deux formations sont en revanche obligatoires selon votre activité : le permis d'exploitation si vous servez de l'alcool, au moins 20 heures sur trois jours, valable dix ans (code de la santé publique, art. L. 3332-1-1 et R. 3332-7) ; la formation à l'hygiène alimentaire en restauration commerciale, dont un hôtel qui ne sert que des petits-déjeuners peut se dispenser (fiche F32189).
Quel statut juridique pour un hôtel indépendant ?+−
Le plus souvent une société : SARL ou EURL, dont le gérant majoritaire est travailleur non salarié, ou SAS ou SASU, dont le président est assimilé salarié (fiche service-public F23844). Le fonds de commerce et les murs d'un hôtel indépendant peuvent appartenir à deux structures, par exemple une SCI pour les murs. La micro-entreprise est rarement adaptée à un hôtel. Comparez avec un expert-comptable.
Quelles aides pour reprendre ou créer un hôtel ?+−
L'Acre réduit vos cotisations sociales pendant 12 mois si vous y avez droit et contrôlez la société ; demandez-la à l'Urssaf dans les 60 jours (fiche F11677). Indemnisé par France Travail, vous pouvez cumuler une partie de votre allocation avec vos revenus ou demander l'Arce, 60 % des droits restants versés en deux fois (fiche F15252). Pour reprendre un hôtel, les prêts d'honneur renforcent aussi l'apport.
Le classement en étoiles est-il obligatoire pour un hôtel ?+−
Non. Le classement en étoiles, de 1 à 5, est volontaire : un hôtel non classé peut exploiter. Si vous le demandez, Atout France le prononce pour cinq ans, au vu du certificat de visite d'un organisme évaluateur accrédité par le COFRAC, et le panonceau doit être apposé en façade (code du tourisme, art. D. 311-6 à D. 311-9). Le calcul de la taxe de séjour en dépend.
Quelles normes de sécurité pour un hôtel (ERP) ?+−
Un hôtel est un établissement recevant du public (ERP) de type O. À partir de 100 personnes, il relève des catégories 1 à 4, visitées tous les trois ans par la commission de sécurité ; en dessous, il est en 5e catégorie : présence permanente d'un membre du personnel, alarme, personnel entraîné deux fois par an, installations contrôlées (arrêté du 25 juin 1980, art. GE 4, PE 2, PE 27, PO 1 et PO 7). Registre de sécurité obligatoire.
Quelle convention collective dans un hôtel ?+−
La convention collective nationale des hôtels, cafés, restaurants (HCR) du 30 avril 1997, IDCC 1979. Selon son article 1er, elle s'applique aux entreprises dont l'activité principale est l'hébergement ou la fourniture de repas ou de boissons, dont les hôtels avec restaurant et les hôtels de tourisme sans restaurant, et à tous leurs salariés. L'employeur informe chaque salarié de la convention applicable (code du travail, art. R. 2262-1).
Reprendre un hôtel : faut-il acheter le fonds et les murs ?+−
Non, pas forcément. Vous pouvez reprendre le seul fonds de commerce et louer les murs avec un bail commercial, racheter les parts de la société qui exploite l'hôtel, prendre le fonds en location-gérance (code de commerce, art. L. 144-1), ou acheter murs et fonds, souvent avec une SCI pour les murs. Le bon montage dépend de votre apport et de votre projet : chiffrez-le dans le business plan.
Faut-il une licence pour servir de l'alcool dans un hôtel ?+−
Oui, et elle dépend de ce que vous servez. Selon service-public : pas de licence pour des boissons sans alcool ; une licence de restaurant pour servir l'alcool avec les repas ; une licence III ou IV pour un bar, la licence IV ne pouvant plus être créée (fiche F22379). Dans tous les cas, la licence de l'hôtel se déclare en mairie au moins quinze jours avant, avec le permis d'exploitation (code de la santé publique, art. L. 3332-3).
Le PMS d'un hôtel doit-il être certifié comme logiciel de caisse ?+−
Oui, si votre PMS enregistre les paiements de clients particuliers et que l'hôtel est assujetti à la TVA : le logiciel doit garantir l'inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l'archivage des données. Exigez de l'éditeur un certificat délivré par un organisme accrédité ou une attestation individuelle (code général des impôts, art. 286, I, 3° bis ; article recodifié au 1er janvier 2027).
Quels prix afficher dans un hôtel ?+−
À l'extérieur de l'hôtel, près de l'entrée, le prix de la prochaine nuitée en chambre double (ou le prix maximum sur une période qui l'inclut), en précisant si le petit-déjeuner et internet sont compris ; à la réception, les mêmes informations et les heures d'arrivée et de départ ; dans chaque chambre, les prix des prestations annexes (arrêté du 18 décembre 2015, art. 6 à 8). Une note est due dès 25 € TTC.
Combien gagne un hôtelier indépendant ?+−
Aucune source officielle ne publie de revenu « type » pour un hôtelier indépendant. Ce qui vous revient dépend du taux d'occupation, du prix moyen, de la masse salariale, des remboursements d'emprunt et de la structure choisie. Faites votre propre calcul : recettes moins charges, puis impôt, rémunération et cotisations. Le guide détaille la formule et ce qui est prélevé.
Quel budget pour reprendre un hôtel ?+−
Nous ne publions pas de fourchette, faute de source officielle. Le budget pour reprendre un hôtel additionne le prix du fonds ou des parts, les murs éventuels, les droits d'enregistrement, les honoraires (avocat, notaire, expert-comptable), le stock repris, les travaux de mise aux normes et la trésorerie de démarrage. Chiffrez chaque poste sur devis dans un business plan relu par un expert-comptable.
Méthodologie
Comment Auxeli a vérifié ce guide
Les articles de code cités ont été lus sur Légifrance quand nous l'indiquons, les autres règles sur les fiches officielles qui les reprennent. Les positions de l'administration (fiches service-public, pages ministérielles) sont présentées comme telles. Les statistiques viennent de l'Insee, avec leur année et leur champ. Ce que nous n'avons pas pu confirmer sur une source officielle n'est pas publié : aucun prix, aucune prime d'assurance ni aucun revenu « type » n'est avancé. Les conseils pratiques viennent de l'expérience de professionnels et sont présentés comme tels. Le détail de notre démarche est expliqué sur notre page méthodologie.
Sources consultées
- Insee, « Parc et fréquentation des hôtels », données annuelles 2025, parution du 23 juillet 2026 (enquête de fréquentation dans les hébergements collectifs de tourisme, France), consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Direction générale des entreprises, « Réforme des marques nationales du tourisme », 27 mai 2024, consultée le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code du tourisme, art. L. 311-5-1 (version du 8 août 2015, contrats avec les plateformes), lu le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code de commerce, art. L. 145-16-2 (version du 20 juin 2014, garantie du cédant du bail), lu le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Médiation des litiges de la consommation » (F33338), vérifiée le 27 octobre 2023, consultée le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Revenus du dirigeant d'une société » (F36065), vérifiée le 26 avril 2024, consultée le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Impots.gouv.fr, « Je découvre la facturation électronique », modifiée le 26 mai 2026, consultée le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Insee, nomenclature d'activités française (NAF rév. 2), sous-classe 55.10Z « Hôtels et hébergement similaire », consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Direction générale des entreprises, « Hôtels et hôtels de tourisme », page du 25 juillet 2024, consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code du tourisme, art. D. 311-4 à D. 311-10 (classement des hôtels ; D. 311-8 dans sa version en vigueur depuis le 1er septembre 2026), lus le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, arrêté du 25 juin 1980 (règlement de sécurité des ERP), art. GE 4, PE 2, PE 4 (version du 1er juillet 2026) et O 1 ; arrêtés du 20 avril 2017 et du 8 décembre 2014, art. 17, lus le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code de la construction et de l'habitation, art. L. 183-4 (version en vigueur jusqu'au 1er janvier 2028) et R. 164-6, lus le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code de la santé publique, art. L. 3332-1-1, L. 3332-3, L. 3332-4, L. 3332-11 et R. 3332-7 (licences et permis d'exploitation), lus le 4 octobre 2026 ; art. L. 3331-4 (nouvel onglet)
- Légifrance, code général des impôts, art. 279 (TVA à 10 %, version en vigueur du 1er mars 2026 au 1er janvier 2027), lu le 4 octobre 2026 ; art. 286 (version du 27 juin 2026), lu le 2 octobre 2026 ; art. 145, 216 et 219 (nouvel onglet)
- Légifrance, code général des collectivités territoriales, art. L. 2333-30 (taxe de séjour), lu le 2 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, art. R. 814-1 à R. 814-3 (fiche individuelle de police, en vigueur depuis le 1er mai 2021), lus le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, arrêté du 18 décembre 2015 relatif à la publicité des prix des hébergements touristiques marchands, art. 1, 2, 4, 6 à 8, lus le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code de commerce, art. L. 141-2 à L. 141-5, L. 141-12 à L. 141-17 et L. 141-23 à L. 141-28 (vente du fonds et information des salariés, ces derniers dans leur version issue de la loi n° 2026-403 du 26 mai 2026), L. 144-1, L. 144-2, L. 144-7, L. 144-9 (location-gérance), lus le 4 octobre 2026 ; L. 330-3 (franchise), lu le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code civil, art. 1952 à 1954 (responsabilité des hôteliers), lus le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code de la sécurité intérieure, art. L. 251-2, L. 252-1, L. 252-2, L. 252-5 et L. 253-1 (vidéoprotection), lus le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code du travail, art. R. 2262-1 (version du 1er novembre 2023), lu le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance (KALI), convention collective nationale des hôtels, cafés, restaurants (HCR) du 30 avril 1997, IDCC 1979 : sommaire consulté le 3 octobre 2026, art. 1er lu le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Code du travail numérique, convention collective 1979, « Hôtels, cafés, restaurants », consulté le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise (Acre) » (F11677), vérifiée le 1er juillet 2026, consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Service-public.gouv.fr, « Aide à la reprise ou à la création d'entreprise (Arce) » (F15252), vérifiée le 13 août 2026, consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Bpifrance Création, « Prêt d'honneur », mise à jour de juillet 2025, consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Choisir la forme juridique de votre entreprise » (F23844), vérifiée le 10 avril 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Protection sociale du dirigeant de société » (F38152), vérifiée le 25 juin 2026, consultée le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, assurance chômage du travailleur indépendant et allocation des travailleurs indépendants (F23994), vérifiée le 1er avril 2026, consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Licences de débits de boissons » (F22379), vérifiée le 27 novembre 2025, consultée le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Règles d'hygiène dans la restauration et les commerces alimentaires » (F32189), vérifiée le 12 mars 2024, consultée le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Un hôtel ou un loueur de chambres d'hôtes doit-il donner une facture au client ? » (F18960), vérifiée le 26 avril 2024, consultée le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, définition d'un ERP (F32351, vérifiée le 26 septembre 2025), règles de sécurité incendie (F31684, vérifiée le 30 avril 2025), autorisation de travaux (F31687, vérifiée le 20 septembre 2024), accessibilité (F32873, vérifiée le 28 novembre 2025), consultées le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Justice.fr, « Quelle autorisation faut-il demander pour ouvrir un ERP au public ? » (mise à jour du 26 septembre 2024), consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code de commerce, art. L. 121-4 (statut du conjoint, version en vigueur depuis le 1er janvier 2023), lu le 6 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Justice.fr (Direction de l'information légale et administrative), « Concevoir son business plan », mise à jour du 26 décembre 2025 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Cotisation foncière des entreprises » (F23547), vérifiée le 2 avril 2026, consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Cession du fonds de commerce à un tiers » (F37197), consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, dissolution volontaire d'une société (F23744), vérifiée le 7 juillet 2026, consultée le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Urssaf.fr, « DPAE - Réaliser la déclaration préalable à l'embauche », mise à jour le 15 juillet 2026, consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Service-public.gouv.fr, « Compte personnel de formation (CPF) » (F10705), vérifiée le 27 juin 2026, consultée le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- France compétences, « Qualiopi : l'obligation qualité en vigueur depuis le 1er janvier 2022 », consultée le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Economie.gouv.fr, « Taxe de séjour : quelles sont les obligations des hébergeurs ? », 15 janvier 2026 ; « Certification des logiciels de caisse », mise à jour le 24 février 2026 (nouvel onglet)
- Economie.gouv.fr (DGCCRF), « Avis en ligne : attention aux faux commentaires ! » (fiche citée en lien) (nouvel onglet)
- CNIL, « La vidéosurveillance dans les commerces » et « La vidéosurveillance – vidéoprotection au travail », publiées le 23 juillet 2018, consultées le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
- BOFiP, BOI-IS-BASE-10-10-10-10 (26 juin 2024) et BOI-IS-BASE-20-20-10-10 (22 juillet 2026), consultés le 3 octobre 2026 (nouvel onglet)
Dernière vérification de l'ensemble du guide : 4 octobre 2026.



