S'établir
Comprendre le métier, vérifier le projet, les emplacements, l'alcool et les démarches
Comprendre le métier
Comment le métier est organisé
Le food truck vend des repas préparés depuis un camion ou une remorque aménagés, sans local de vente fixe. Pour l'Insee, il relève aujourd'hui de la restauration de type rapide (sous-classe 56.10C), qui comprend la vente de repas dans des équipements mobiles. À partir du 1er janvier 2027, les codes d'activité (codes APE) passent à une nouvelle nomenclature, la NAF 2025, qui crée une sous-classe propre : 56.12Y « Activités de service de restauration mobile », qui cite les food trucks. Pendant 2026, le site sirene.gouv.fr montre à chaque entreprise son futur code et permet d'en demander la rectification. Ce code compte pour plusieurs règles de ce guide : la formation à l'hygiène, la convention collective.
Sources : Insee, NAF 2025, sous-classe 56.12Y (publiée le 4 septembre 2026) et page « NAF 2025 » (mise à jour le 12 février 2026) ; instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 du 3 avril 2026, consultées le 5 octobre 2026. Nous n'avons trouvé aucun chiffre officiel propre aux food trucks : nous n'en publions pas.
Les façons de travailler les plus courantes :
- Des emplacements réguliers en semaine : une place en ville, un parking de zone d'activité ou d'entreprise, le même jour chaque semaine, pour la pause du midi.
- Les marchés, avec une place attribuée par la commune selon le règlement du marché.
- Les événements : festivals, foires, fêtes de village, où l'organisateur vous accueille parmi d'autres stands, et les privatisations (mariage, fête d'entreprise) où un client réserve le camion.
Le métier au quotidien
Ce que racontent les exploitants de food truck :
- Le service est court face à la journée : avant, les courses, la préparation, le chargement, le trajet et l'installation ; après, le démontage, le retour à la base arrière, la plonge, le nettoyage du camion et les comptes. Rien de ce temps n'est vendu.
- Le coup de feu a une limite : celle du matériel (la plancha, la friteuse) et celle de la carte. Une carte courte sert la file plus vite.
- Chaque emplacement réagit à sa façon à la météo : la pluie vide l'un et pas l'autre, un événement peut être annulé la veille. Les vacances scolaires, les ponts et le télétravail peuvent aussi vider une zone d'activité. La météo du lendemain ou un événement annulé décident souvent de la semaine.
- La saison : l'hiver est souvent un creux, et l'été, avec les festivals et les mariages, concentre souvent l'activité.
- Le week-end est pris si vous faites marchés et événements, avec des retours tardifs après un festival ou une privatisation. Un modèle centré sur les emplacements de semaine peut le garder libre.
- Seul ou à plusieurs : seul, tenir la file et la cuisson en même temps est difficile ; dès que le volume monte, la question d'embaucher se pose. Avant d'embaucher, il est courant qu'un conjoint ou un associé cuisine avec vous : choisissez son statut avant qu'il ne travaille (voir E. Structure et régimes). Sur une même zone, plusieurs food trucks se partagent parfois les jours ou les clients.
- Un métier physique : debout dans un espace étroit, la chaleur dans le camion l'été, le froid l'hiver, des réserves d'eau, des bouteilles de gaz et des caisses à porter. Le camion s'use aussi, surtout chargé, et une panne arrête tout.
- Le temps non payé : dossiers de candidature, planning à publier, entretien du camion, comptabilité. En tant qu'indépendant, vous n'avez pas de congés payés : un jour sans sortir est un jour sans recette.
Dans ce guide, la base arrière (on dit souvent le « labo ») désigne le lieu fixe où vous préparez, stockez, lavez et garez le camion : un local loué, un garage, une cuisine partagée.
Le parcours suivi par ce guide
Ce guide suit la création d'un food truck par une personne seule ou avec un salarié. Si le camion est financé par un emprunt, la question du régime se pose dès le départ : le camion, son aménagement, le carburant et l'entretien sont des charges lourdes que la micro-entreprise ne permet pas de déduire. Comparez la micro-entreprise avec le régime réel et la société, avec un expert-comptable, avant de vous immatriculer (voir E. Structure et régimes).
Avant tout : ce qui peut bloquer le projet
Pas de diplôme à présenter : service-public range le food truck parmi les activités commerciales (fiche F32887, vérifiée le 1er septembre 2024). Les vrais obstacles sont ailleurs, et se lèvent avant l'achat du camion :
- Les emplacements : sans place pour vendre, pas d'activité. Une place sur la voie publique ou un marché s'obtient auprès de la collectivité, parfois après une mise en concurrence, et peut vous être retirée ; une place privée dépend de l'accord du propriétaire (voir I). Commencez par là.
- Le poids du camion et votre permis : le permis B s'arrête à 3,5 tonnes de poids total autorisé en charge (PTAC), et un camion aménagé s'alourdit vite (voir S'équiper, 2).
- La carte grise du camion aménagé : un aménagement en cuisine est une transformation qui passe par la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) et une carte grise modifiée. Achetez un camion dont les papiers sont à jour, ou faites prévoir cette démarche par le carrossier.
- La base arrière : sans elle, pas de préparation, de stockage ni de lavage. Si vous préparez ailleurs que dans le camion, ce lieu se déclare aussi (voir H) ; préparer chez vous est une question à poser à la direction départementale de la protection des populations (DDPP) (voir S'équiper, 6).
- L'ordre des étapes : un dossier de candidature demande souvent des photos et la carte grise du camion, alors que la banque veut voir des emplacements avant de prêter. Conseil de professionnels : obtenez au moins un accord de principe écrit sur un emplacement avant d'acheter.
Business plan : faire vos comptes
Le business plan teste le projet avant que la banque ne le lise. Pour un camion, trois chiffres décident de tout : le nombre de clients de chaque emplacement, le coût matière de chaque produit (emballage compris) et le nombre de jours réellement travaillés, pluie, pannes et hiver déduits. Chiffrez un scénario prudent, emplacement par emplacement.
À investir : le camion ou la remorque, son aménagement (cuisson, froid, réserves d'eau, gaz, électricité), la réception par la DREAL et la nouvelle carte grise, le matériel de la base arrière. À payer ensuite : matières premières et emballages, redevances d'emplacement et droits de place, participations demandées par les organisateurs d'événements, carburant, gaz, assurance, entretien et contrôle technique du camion, location de la base arrière. Demandez les montants à chaque commune et à chaque organisateur : ils varient d'un lieu à l'autre.
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Pour le détail : Faire vos comptes : le business plan.
Les aides au démarrage
Le food truck est souvent un projet de reconversion. Après une période de chômage, trois aides peuvent entrer dans le plan de financement : l'Acre, une réduction de cotisations au début de l'activité, à demander à l'Urssaf dans les 60 jours qui suivent le démarrage ; l'ARE ou l'Arce, c'est-à-dire l'allocation chômage maintenue chaque mois ou versée en partie en capital, si France Travail vous indemnise ; et les prêts d'honneur, qui gonflent l'apport personnel exigé par la banque pour financer le camion. Voyez votre conseiller France Travail avant de vous immatriculer.
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Pour le détail : Les aides au démarrage.
Structure et régimes
Le choix entre entreprise individuelle et société se fait avec un expert-comptable, et le camion y pèse lourd : en micro-entreprise, ni son achat ou son crédit, ni son aménagement, ni le carburant, ni l'entretien ne sont déduits.
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Pour le détail : Entreprise individuelle ou société.
Le siège de l'entreprise : sans local de vente, beaucoup de créateurs le fixent à leur domicile. Pour une entreprise individuelle, c'est possible sans limite de durée, à condition que rien ne s'y oppose dans le bail, le règlement de copropriété ou les règles d'urbanisme ; prévenir le bailleur est conseillé (service-public, fiche F2160, vérifiée le 2 juillet 2026). Le siège compte aussi pour la carte de commerçant ambulant (voir I). Garer le camion ou préparer chez vous est une autre question : voir S'équiper, 6.
Les régimes qui s'appliquent
Pour le fisc, le food truck vend des marchandises : la micro-entreprise s'arrête à 203 100 € de chiffre d'affaires (code général des impôts, ou CGI, art. 50-0), avec 12,3 % du chiffre d'affaires en cotisations sociales en 2026 (code de la sécurité sociale, art. D. 613-4). La franchise de TVA, elle, prend fin à 85 000 € (CGI, art. 293 B).
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Pour le détail : Seuils, cotisations et impôt de la micro-entreprise.
La cotisation foncière des entreprises (CFE) suit ses règles habituelles. Sans local, demandez à votre service des impôts des entreprises dans quelle commune elle est établie.
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Pour le détail : La cotisation foncière des entreprises.
Au-delà de la franchise, vous facturez la TVA à ces taux :
| Ce que vous vendez | Taux | Source |
|---|---|---|
| Burger, sandwich, frites, plat chaud, à emporter ou mangé sur place, pour une consommation immédiate | 10 % | CGI, art. 279, m et n |
| Boisson sans alcool servie dans un gobelet | 10 % | Tableau du Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP, BOI-ANNX-000495) |
| Boisson sans alcool en canette ou en bouteille fermée, à emporter | 5,5 % | CGI, art. 278-0 bis ; tableau du BOFiP |
| Bière, vin, cidre | 20 % | CGI, art. 278-0 bis et 279 |
Un menu burger et canette vendu à prix unique mêle deux taux : la répartition se fait avec votre expert-comptable, et la caisse se règle avant le premier service. Attention à 2027 : une ordonnance de recodification abroge au 1er janvier les articles 278-0 bis, 279, 286 et 293 B du code général des impôts ; leurs numéros changeront.
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Pour le détail : La TVA de la restauration.
Se faire accompagner
Deux organisations professionnelles de la restauration accueillent aussi des exploitants de food truck. D'après leurs sites :
- l'UMIH (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie) (nouvel onglet) : service juridique et fiscal pour ses adhérents, formations, représentation du secteur ;
- le GHR (Groupement des hôtelleries et restaurations de France) (nouvel onglet) : information, formations, représentation auprès des pouvoirs publics.
Les deux sont payantes. Votre chambre de commerce et d'industrie (CCI) et un expert-comptable habitué à la restauration ambulante sont les autres appuis utiles.
La convention collective, si vous embauchez
Si vous embauchez, la convention collective se détermine par ce que fait réellement votre entreprise, à titre principal. Deux textes entrent en ligne de compte :
- La convention nationale de la restauration rapide du 18 mars 1988, IDCC 1501 (IDCC : son numéro d'identification) s'applique selon son article 1er aux entreprises qui ont « pour vocation de vendre exclusivement au comptoir des aliments et des boissons présentés dans des conditionnements jetables, que l'on peut consommer sur place ou emporter » (lu sur Légifrance le 5 octobre 2026). Le texte ne parle pas des camions : il vise une façon de vendre.
- La convention des hôtels, cafés, restaurants (HCR) du 30 avril 1997, IDCC 1979 exclut, dans son article 1er, cette même restauration rapide au comptoir en conditionnements jetables (lu sur Légifrance le 4 octobre 2026).
Avant le premier contrat de travail, regardez le code APE que l'Insee vous a attribué, et faites confirmer la convention par la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités (DREETS) ou par votre expert-comptable. Le texte de l'IDCC 1501 est sur Légifrance (nouvel onglet). Le salarié doit être informé de la convention applicable, et un exemplaire à jour doit être tenu à sa disposition (code du travail, art. R. 2262-1).
Les obligations du métier
Pour les services de contrôle, un food truck exerce « une activité alimentaire assimilable à la restauration commerciale ambulante » (DDPP de la Charente-Maritime, fiche « Food-Trucks ») : les règles d'hygiène et d'information des clients sont celles de la restauration. Dans les formulaires et les fiches de la DDPP, le mot « établissement » désigne votre activité : pour vous, le camion, et la base arrière si vous en avez une. Chaque règle tient ici en quelques lignes ; le détail, à déplier, vaut pour tous ceux qui vendent à manger.
La formation à l'hygiène et la déclaration
Au moins une personne de l'entreprise doit être formée à l'hygiène alimentaire : le code rural vise la « restauration de type rapide » (art. D. 233-11), et service-public cite expressément le « food-truck » (fiche F32189). Vous déclarez aussi l'activité à la DDPP avant de commencer. Selon la DDPP de la Charente-Maritime, la déclaration indique l'adresse de l'établissement et de l'éventuel atelier de préparation, ainsi que la liste des marchés fréquentés, publics ou privés : tenez-la à jour quand vos emplacements changent.
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Pour le détail : La formation à l'hygiène alimentaire.
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Pour le détail : Déclarer l'activité à la DDPP.
L'origine des viandes
Vous indiquez l'origine du bœuf, du porc, de l'agneau ou du mouton et de la volaille de vos plats. Sans salle de consommation, l'information est donnée avant la commande, de façon visible et lisible, y compris en précommande en ligne (décret n° 2023-492, lu le 5 octobre 2026) ; la viande achetée déjà préparée (un steak haché cuit, une broche) a sa propre mention (décret n° 2024-171). Un tableau sur le camion, à côté de la carte, fait l'affaire. Si vous installez des tables pour vos clients, demandez à la DDPP quelle règle s'applique.
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Pour le détail : L'origine des viandes.
Les allergènes et la mention « fait maison »
Les quatorze allergènes réglementaires de chaque produit sont donnés par écrit, sur ou à proximité du produit : pains, sauces et fritures en contiennent souvent. Quand la carte change selon l'emplacement ou la saison, le tableau change avec elle. La mention « fait maison » vaut seulement pour ce que vous cuisinez à partir de produits crus.
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Pour le détail : Les allergènes.
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Pour le détail : La mention « fait maison ».
L'aménagement du camion, l'eau et les eaux usées sont dans S'équiper ; les prix affichés dans S'organiser.
Les emplacements et la carte de commerçant ambulant
Où trouver des emplacements
Quatre pistes, à mener en même temps : les appels à candidatures des communes et intercommunalités pour leurs places sur la voie publique ; les marchés ; les terrains privés de semaine (parking d'entreprise, zone d'activité, grande surface) ; et les événements. Pour une zone d'activité, identifiez d'abord qui gère la voirie : la commune, l'intercommunalité ou un gestionnaire privé. Ce n'est pas la même démarche.
Conseils de professionnels : contactez directement les entreprises (leurs services généraux ou leur comité social et économique) en plus de répondre aux appels à candidatures, et faites écrire chaque accord : durée, jour fixe, préavis, exclusivité éventuelle, redevance. Demandez aussi à la mairie si elle a des règles propres à la vente ambulante (nombre de camions, jours, distance avec les commerces).
La carte de commerçant ambulant
Elle vous autorise à vendre en ambulant hors de votre commune ; elle ne vous donne aucune place : chaque emplacement s'obtient à part.
Le code de commerce impose une déclaration préalable à qui exerce une activité commerciale ou artisanale ambulante « hors du territoire de la commune où est situé son habitation ou son principal établissement » ; elle donne lieu à une carte (art. L. 123-29). Dès que vous vendez dans une autre commune que celle de votre domicile ou de votre siège, il vous faut donc la carte.
Une exception vise les commerces qui ont un établissement fixe : la règle ne s'applique pas aux professionnels « effectuant à titre accessoire dans une ou plusieurs communes limitrophes des tournées de vente de leurs produits ou de prestations de services à partir d'établissements fixes » (art. R. 123-208-1, II). C'est le cas, par exemple, d'un restaurant qui sort un camion dans les communes voisines ; pas d'un food truck sans local.
Ce que prévoit le code de commerce (art. R. 123-208-2 à R. 123-208-8, lus le 6 octobre 2026) :
- la déclaration se fait auprès de la chambre de commerce et d'industrie (CCI), ou de la chambre de métiers et de l'artisanat de région si vous êtes immatriculé comme entreprise artisanale, dont dépend la commune de votre domicile ou de votre siège ; elle peut être faite en même temps que la création de l'entreprise, sur le guichet unique ;
- la carte est délivrée contre une redevance, dans un délai d'un mois au plus, et un certificat provisoire peut être demandé en attendant ; selon service-public (fiche F21856), elle coûte 30 € ;
- la déclaration se renouvelle tous les quatre ans, et se met à jour en cas de changement ;
- la carte se présente, avec une pièce d'identité, à toute demande des agents de contrôle, et avant d'occuper une place de marché, y compris au placier ; vos salariés ou votre conjoint en ont une copie ;
- vendre sans déclaration est puni de l'amende des contraventions de 4e classe ; ne pas présenter la carte, ou ne pas la mettre à jour, de celle de 3e classe (art. R. 123-208-8).
Sur la voie publique
Stationner pour vendre sur la voie publique (une place, un parking public), c'est occuper le domaine public : « Nul ne peut, sans disposer d'un titre l'y habilitant, occuper une dépendance du domaine public » (code général de la propriété des personnes publiques, ou CG3P, art. L. 2122-1, lu le 5 octobre 2026). Pour un camion, ce titre est un permis de stationnement (service-public, fiche F10003, vérifiée le 8 septembre 2025) : le maire peut le donner « moyennant le paiement de droits fixés par un tarif dûment établi », « sous réserve que cette autorisation n'entraîne aucune gêne pour la circulation et la liberté du commerce » (code général des collectivités territoriales, ou CGCT, art. L. 2213-6). Il se demande à la collectivité qui gère la voie : le maire pour la plupart des voies, le président du conseil départemental pour une route départementale, le préfet pour une route nationale (DDPP de la Charente-Maritime).
- L'autorisation est temporaire (CG3P, art. L. 2122-2), précaire et révocable (art. L. 2122-3) : selon service-public, elle est accordée pour un an ou une saison et peut être retirée sans préavis ni indemnité pour un motif d'intérêt général.
- Elle est personnelle : elle ne se vend pas avec le fonds (fiche F10003).
- Elle donne lieu à une redevance (CG3P, art. L. 2125-1 ; aucune de ses exceptions ne vise un food truck), qui « tient compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l'autorisation » (art. L. 2125-3) : son montant est fixé par la collectivité. Demandez-le avant de vous engager.
- Quand la place permet une activité économique, la collectivité organise une sélection préalable, impartiale et transparente, avec une publicité qui permet aux candidats de se manifester ; pour une occupation de courte durée, une simple publicité préalable suffit (art. L. 2122-1-1, lu le 5 octobre 2026). Concrètement, surveillez les appels à candidatures des communes et intercommunalités de votre secteur.
- Selon service-public, sans réponse de la mairie dans les deux mois, la demande est refusée.
- Un auvent, des tables ou une file d'attente installés autour du camion occupent aussi la voie publique : demandez à la mairie si votre autorisation doit les couvrir.
Sur les marchés
Sur un marché, la place s'obtient auprès de la mairie ou de son placier, selon le règlement du marché : « Le régime des droits de place et de stationnement sur les halles et les marchés est défini conformément aux dispositions d'un cahier des charges ou d'un règlement établi par l'autorité municipale » (CGCT, art. L. 2224-18). Le placier vous demandera votre carte de commerçant ambulant avant que vous occupiez la place. Lisez ce règlement avant de vous installer : horaires d'arrivée, places des abonnés et des passagers, branchement électrique, groupe électrogène, déchets.
Sur un terrain privé
Un parking d'entreprise, de supermarché ou de brasserie : vous pouvez vous y installer « après accord avec son propriétaire/gestionnaire » (DDPP de la Charente-Maritime). Faites-le par écrit : jours et horaires, contrepartie, accès à l'eau et à l'électricité, déchets, responsabilité en cas de dommage.
Vendre depuis le camion sur un terrain privé relève de la vente au déballage : le code de commerce vise les ventes faites sur des emplacements non destinés à la vente au public « ainsi qu'à partir de véhicules spécialement aménagés à cet effet », et elles « ne peuvent excéder deux mois par année civile dans un même local, sur un même emplacement ou dans un même arrondissement » (art. L. 310-2, version du 28 mai 2026, lu le 6 octobre 2026). Sur la voie publique, le permis de stationnement vous en exclut (même article, II). Selon service-public (fiche F22397, vérifiée le 22 juillet 2026), une déclaration préalable est faite au maire : demandez-lui la démarche, et comment organiser vos emplacements privés dans la limite des deux mois par an. Demandez aussi si les règles d'urbanisme du terrain permettent la vente à cet endroit.
Lors d'un événement
Sur un festival, une foire ou une fête de village, l'organisateur vous accueille sur son site. Demandez-lui par écrit ce qui est compris (emplacement, eau, électricité, déchets, tables pour le public) et ce qui reste à votre charge (participation fixe ou part des ventes, assurance, boissons). Pour l'alcool, voir J.
L'alcool depuis le camion
Puis-je mettre de la bière à la carte ? Oui, de la bière, du vin ou du cidre, avec une petite licence à emporter. Pas d'alcools forts : « Il est interdit aux marchands ambulants de vendre au détail, soit pour consommer sur place, soit pour emporter, des boissons des quatrième et cinquième groupes » (code de la santé publique, ou CSP, art. L. 3322-6, lu sur Légifrance le 5 octobre 2026).
Les groupes sont définis par l'article L. 3321-1 du même code. Le groupe 1, les boissons sans alcool (sodas, jus, eaux), se vend sans licence. Le groupe 3 réunit les « boissons fermentées non distillées et vins doux naturels : vin, bière, cidre, poiré, hydromel », et d'autres boissons que l'article énumère, ne titrant pas plus de 18 degrés d'alcool pur. Le groupe 4 comprend notamment les rhums et les alcools tirés de la distillation des vins, cidres ou fruits ; le groupe 5, toutes les autres boissons alcooliques.
| Ce que vous voulez faire | Ce qu'il faut | Texte |
|---|---|---|
| Vendre de la bière, du vin ou du cidre à emporter | La « petite licence à emporter », déclarée au moins 15 jours avant | CSP, art. L. 3331-3 ; service-public, fiche F22379 |
| En vendre entre 22 h et 8 h | En plus, une formation préalable | CSP, art. L. 3331-4 |
| Tenir une buvette sur une foire, une vente ou une fête publique | L'autorisation de l'autorité municipale, sans la déclaration de licence ; boissons des groupes 1 et 3 seulement | CSP, art. L. 3334-2 |
| Vendre des alcools forts | Interdit depuis un camion | CSP, art. L. 3322-6 |
Déclarer la petite licence à emporter
- Selon service-public (fiche F22379, vérifiée le 27 novembre 2025), les commerçants ambulants qui vendent des boissons du groupe 3 détiennent la petite licence à emporter ; la déclaration se fait au moins quinze jours avant, sur le formulaire Cerfa n° 11542, « à la mairie ou à la préfecture du lieu de l'activité ». Comme vous changez de lieu, demandez à la mairie de votre siège où déclarer, et si une déclaration est attendue dans chaque commune où vous vendez.
- Pour une licence à emporter, le permis d'exploitation n'est pas exigé si vous ne vendez pas d'alcool entre 22 h et 8 h (CSP, art. L. 3332-4-1).
Le soir, les mineurs, les tables
- Vendre de l'alcool à emporter entre 22 h et 8 h demande une formation préalable (CSP, art. L. 3331-4). Selon service-public (fiche F37486, vérifiée le 17 décembre 2025), elle dure 7 heures et donne un permis valable dix ans ; la même fiche demande d'avoir au moins 50 éthylotests disponibles, avec une affiche d'information.
- Le maire peut interdire la vente d'alcool à emporter sur une plage horaire qui commence au plus tôt à 20 h et finit au plus tard à 8 h (CSP, art. L. 3332-13) : renseignez-vous dans chaque commune où vous vendez le soir.
- La vente d'alcool aux mineurs est interdite, et la personne qui délivre la boisson exige la preuve de la majorité (CSP, art. L. 3342-1).
- Si vous installez des tables pour servir de la bière à consommer sur place, avec les repas, demandez à la mairie quelle licence s'applique à un camion : les licences à consommer sur place (licence restaurant, licence III) sont celles d'un établissement, et la mairie vous dira si et comment elles valent pour un commerce ambulant.
- Sur un festival, l'organisateur peut tenir seul la buvette ou réserver les boissons à un partenaire : demandez-le avant de signer, et avant d'en prévoir dans votre stock.
- Pour une privatisation (mariage, fête d'entreprise), le client fournit parfois les boissons : écrivez au contrat qui les fournit et qui les sert.
Les démarches, dans l'ordre
- 1. Repérer les emplacements possibles et demander leurs conditions (communes, marchés, propriétaires privés) : I.
- 2. Vérifier le poids, la carte grise et le permis du camion visé : S'équiper, 2.
- 3. Chiffrer le projet et trouver le financement : C et D.
- 4. Immatriculer l'entreprise sur le guichet unique des formalités (détail ci-dessous).
- 5. Demander la carte de commerçant ambulant si vous vendez hors de votre commune : I.
- 6. Faire former une personne à l'hygiène et déclarer l'activité à la DDPP avant de commencer : H.
- 7. Si vous vendez de la bière, du vin ou du cidre : déclarer la petite licence à emporter, et suivre la formation de nuit si vous vendez après 22 h : J.
- 8. Demander les permis de stationnement, répondre aux appels à candidatures, signer les accords avec les propriétaires privés : I.
- 9. Avant le premier service : assurances, caisse paramétrée, affichages : S'assurer, S'organiser.
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Pour le détail : Les démarches, dans l'ordre.
Checklist et échéances
Les étapes de démarrage et les échéances qui reviennent, avec la partie du guide qui les explique :
| Quoi | Quand | Où c'est expliqué |
|---|---|---|
| Repérer les emplacements et demander leurs conditions | Avant d'acheter le camion | Emplacements |
| Vérifier le poids (PTAC), la carte grise et le permis du camion | Avant d'acheter le camion | Carte grise, poids et permis |
| Faire le business plan, emplacement par emplacement | Avant de demander un prêt | Business plan |
| Si France Travail vous indemnise : choisir entre le cumul de l'allocation et l'Arce | Avant la création | Aides |
| Créer et immatriculer l'entreprise | Avant le premier service | Démarches |
| Demander l'Acre à l'Urssaf | Dans les 60 jours suivant le début de l'activité | Aides |
| Faire modifier la carte grise après l'aménagement du camion | Dans le mois qui suit la transformation | Carte grise, poids et permis |
| Demander la carte de commerçant ambulant | Avant de vendre hors de votre commune | Emplacements |
| Renouveler la carte de commerçant ambulant | Tous les 4 ans | Emplacements |
| Faire former une personne à l'hygiène alimentaire, auprès d'un organisme autorisé | Avant le premier service | Obligations |
| Déclarer l'activité à la DDPP, avec la base arrière et les marchés | Avant le premier service, puis à chaque changement | Obligations |
| Demander les permis de stationnement et répondre aux appels à candidatures | Avant chaque saison ou à la date fixée par la commune | Emplacements |
| Déclarer la petite licence à emporter | Au moins 15 jours avant de vendre de la bière, du vin ou du cidre | L'alcool depuis le camion |
| Suivre la formation de nuit, avoir les éthylotests disponibles | Avant de vendre de l'alcool entre 22 h et 8 h | L'alcool depuis le camion |
| Assurer le camion pour son usage réel, et la responsabilité civile | Avant le premier trajet | S'assurer |
| Paramétrer les taux de TVA dans la caisse | Au premier service | La caisse |
| Afficher prix, origine des viandes et allergènes sur le camion et en précommande | Au premier service, puis à chaque changement de carte | Obligations |
| Passer le contrôle technique | Selon le calendrier du camion | Carte grise, poids et permis |
| Vérifier la convention collective applicable | Avant la première embauche | Convention collective |
| Vérifier sur sirene.gouv.fr votre futur code APE (NAF 2025, 56.12Y) | Avant le 1er janvier 2027 | Comprendre le métier |
| Revoir les références au code général des impôts (art. 278-0 bis, 279, 286, 293 B) | 1er janvier 2027 (recodification) | Structure et régimes |
S'assurer
Si un dommage survient, ou si vous ne pouvez plus travailler, qui paie ?
Prévenir l'assureur
Ne vous contentez pas de déclarer « restauration rapide » ; décrivez un camion ou une remorque aménagés en cuisine, la cuisson au gaz, la friteuse, les emplacements sur la voie publique, les marchés et les événements, la vente de bière ou de vin, une base arrière. Un risque que l'assureur ignore peut rester sans garantie le jour du sinistre : faites-vous confirmer chaque point par écrit.
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Pour le détail : Prévenir votre assureur.
La responsabilité civile
Les dommages causés aux clients sont concrets : une intoxication alimentaire, une brûlure au comptoir du camion, une chute sur un câble ou un tuyau. Aucun des textes lus pour ce guide ne l'impose nommément au food truck ; en pratique, les communes, les propriétaires privés et les organisateurs d'événements demandent souvent une attestation dans leur dossier. Gardez-la à jour et à portée de main.
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Pour le détail : La responsabilité civile professionnelle.
La base arrière
Le food truck n'a pas de salle, mais souvent un local : un laboratoire de préparation, un garage, une cuisine louée, un lieu de stockage. S'il est à vous ou loué à votre nom, il s'assure comme un local professionnel, avec le stock et le matériel qui s'y trouvent. Si vous préparez ou stockez à votre domicile, prévenez aussi l'assureur du logement.
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Pour le détail : L'assurance du local professionnel.
Le camion
C'est l'assurance la plus importante du métier. « Tout véhicule terrestre à moteur destiné à circuler sur la voie publique doit être assuré », au minimum en responsabilité civile (service-public, fiche F2628). Pour un food truck, cela ne suffit pas :
- Déclarez l'usage professionnel et l'aménagement : un camion transformé en cuisine, avec sa carte grise modifiée (voir S'équiper, 2), n'est pas un utilitaire ordinaire. Donnez sa valeur, aménagement compris.
- Distinguez la route et le stationnement : demandez par écrit si le contrat couvre le camion à l'arrêt pendant le service (incendie de friteuse, fuite de gaz, client blessé), le matériel embarqué, le vol, et le stock.
- Une remorque se déclare aussi : demandez comment elle est couverte attelée, à l'arrêt et dételée.
- La panne : une assistance et une perte d'exploitation éventuelle limitent le coût des jours où le camion ne roule pas. Faites-vous préciser ce qui est prévu.
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Pour le détail : L'assurance du véhicule.
Votre protection
Si vous ne pouvez plus travailler, le camion reste à la base arrière et les recettes s'arrêtent, alors que le crédit du camion et l'assurance continuent. Côté protection sociale, le régime de base des indépendants verse des indemnités journalières faibles et tardives, ne prend pas en charge d'office les accidents du travail et n'offre pas d'assurance chômage classique. Avec le gaz, l'huile chaude, les charges à porter et la conduite, regardez une prévoyance (arrêt de travail, invalidité).
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Pour le détail : Protection sociale de l'indépendant.
Se former
L'hygiène alimentaire, le permis, la vente de nuit, et comment financer
Faut-il un diplôme ?
Non, aucun diplôme ne conditionne l'ouverture d'un food truck (voir S'établir, B). Un diplôme de cuisine ou de restauration vous évite pourtant une formation : celle à l'hygiène. L'arrêté du 18 novembre 2024 (lu le 5 octobre 2026) en dresse la liste, où figurent par exemple le CAP cuisine, le CAP production et service en restaurations (rapide, collective, cafétéria) et les titres professionnels de commis de cuisine et d'employé polyvalent en restauration, à condition qu'ils datent du 1er janvier 2006 ou après. Trois ans passés dans le secteur alimentaire comme gestionnaire ou exploitant valent aussi dispense (service-public, fiche F32189). Si vous visez un diplôme, contrôlez sur France Compétences (nouvel onglet) qu'il est toujours actif.
Les formations obligatoires
L'hygiène alimentaire, pour une personne au moins dans l'entreprise, sauf dispense (voir S'établir, H).
La vente d'alcool la nuit, si la bière, le vin ou le cidre se vendent à emporter entre 22 h et 8 h, par exemple sur un festival du soir (voir S'établir, J).
Le permis de conduire adapté au camion : ce n'est pas une formation au métier, mais la mention 96 (une formation de 7 heures) ou un permis BE ou C1 peuvent être nécessaires selon le poids du camion ou de la remorque (voir S'équiper, 2).
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Pour le détail : La formation à l'hygiène alimentaire.
Choisir un organisme
Depuis le 1er février 2026, seul un organisme autorisé par le préfet de région peut dispenser la formation à l'hygiène, et l'attestation porte la date de cette autorisation (code rural, art. D. 233-12). La direction régionale de l'agriculture publie la liste des organismes autorisés : consultez-la avant de vous inscrire. Pour la formation de nuit, faites-vous donner par écrit la référence de l'agrément de l'organisme.
Conseil de professionnels : si vous travaillez avec un salarié qui n'a pas suivi la formation, écrivez-lui les consignes du camion (lavage des mains, températures, allergènes, produits entamés). Le ministère de l'Agriculture demande que chaque personne qui manipule des aliments reçoive des instructions ou une formation adaptées à son poste.
Financer la formation, dont le CPF
Le compte personnel de formation (CPF) peut payer certaines sessions : la plateforme Mon Compte Formation (nouvel onglet) indique lesquelles. Demandeur d'emploi, posez la question du financement à votre conseiller France Travail avant de payer quoi que ce soit.
Se faire connaître
Dire où vous êtes, chaque jour, et décrocher les événements
Les canaux
Un food truck change de place : vos clients doivent savoir où vous trouver aujourd'hui. Trois canaux comptent.
- Le lieu du jour, publié chaque jour et le planning de la semaine, sur vos réseaux sociaux, mis à jour dès qu'un emplacement saute (pluie, panne, privatisation).
- La fiche d'établissement sur les cartes en ligne : elle sert surtout à la catégorie, aux photos et au contact (pour les privatisations).
- Le camion lui-même : un nom lisible de loin, la carte et les prix visibles depuis la file.
- Les prescripteurs des privatisations : salles de réception, organisateurs de mariages, comités d'entreprise, qui recommandent un camion à leurs clients.
Conseils de professionnels : sur les emplacements de semaine, les habitués font la recette. Le contact direct avec les entreprises voisines, une précommande pour leurs équipes et un groupe de messagerie d'habitués les font revenir ; une carte de fidélité aussi, si vous la chiffrez pour qu'elle ne mange pas votre marge.
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Pour le détail : Les canaux qui comptent pour un métier local.
Événements et privatisations
Les festivals, foires et marchés nocturnes passent souvent par un appel à candidatures : un dossier complet et propre (photos du camion et des produits, carte, attestation d'assurance, attestation de formation à l'hygiène, carte de commerçant ambulant, carte grise) fait la différence. Les mêmes pièces servent pour les emplacements publics (voir S'établir, I).
Conseils de professionnels, avant d'accepter un événement, faites préciser par écrit :
- la fréquentation annoncée, le nombre de food trucks présents et qui vend les boissons ;
- ce que vous payez : redevance fixe ou pourcentage des ventes ;
- les conditions d'accès : hauteur et largeur du passage, sol et pente, eau, courant, heure d'arrivée ;
- les documents que l'organisateur vous demandera, souvent : une fiche technique du camion (dimensions, puissance électrique nécessaire), les attestations d'entretien du gaz et des extincteurs, l'attestation de responsabilité civile professionnelle et un extrait d'immatriculation ;
- pour une privatisation (mariage, fête d'entreprise) : un nombre de repas minimum garanti, le nombre de repas que vous pouvez servir dans le temps donné, une carte fixée à l'avance avec ses allergènes et les régimes des invités, les frais de déplacement, l'acompte et les conditions d'annulation.
Si le client vous demande un buffet ou un service à table, vous sortez de la vente depuis le camion pour entrer dans le métier de traiteur.
Les plateformes qui proposent des food trucks pour des événements ne sont pas des plateformes de livraison : lisez leurs conditions (commission, annulation, paiement) avant de vous inscrire.
Les avis clients
Les avis sur la fiche d'établissement pèsent dans le choix des clients de passage et des organisateurs. Répondez à tous, calmement et sur les faits (une attente trop longue, un plat froid). Faux avis et avis achetés sont interdits, quels qu'ils soient.
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Pour le détail : Les avis clients.
Les photos
Montrez vos vrais produits, tels qu'ils sont servis, le camion et la file sur un bon emplacement. Pour photographier des clients sur un événement, demandez leur accord.
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Pour le détail : Les photos.
S'organiser
La caisse sans réseau, les prix, la précommande et la semaine
Les outils
Les familles d'outils utiles : une caisse sur tablette ou smartphone qui gère plusieurs taux de TVA et les formules, un terminal de paiement par carte, et un outil de précommande si vous en proposez. Les critères propres au métier : un terminal qui fonctionne en réseau mobile et sur batterie toute la journée, et une caisse qui enregistre les ventes hors connexion, car un parking de zone d'activité ou un champ de festival captent parfois mal. Comparez aussi les frais par paiement : sur un petit ticket, ils pèsent. Ce guide ne cite aucun éditeur et ne contient aucun lien affilié.
Sur un emplacement de semaine près des bureaux, accepter les titres-restaurant compte. Une démarche auprès de la Commission nationale des titres-restaurant est nécessaire pour vous les faire rembourser :
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Pour le détail : Les titres-restaurant.
La caisse
En franchise de TVA, pas d'obligation de caisse certifiée. Le jour où vous collectez la TVA, la caisse doit être conforme, avec le certificat ou l'attestation de l'éditeur à présenter en cas de contrôle. Entrez les taux du métier dès le premier service (10 %, 5,5 %, 20 % : voir S'établir, E) : la canette vendue seule n'est pas au taux du burger. Le ticket de caisse et celui de la carte bancaire ne s'impriment pas systématiquement, seulement si le client le demande (code de l'environnement, art. L. 541-15-10, IV).
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Pour le détail : Le logiciel ou système de caisse.
Les prix affichés
Afficher ses prix est une obligation de toute vente au consommateur : le vendeur informe le client sur les prix « par voie de marquage, d'étiquetage, d'affichage ou par tout autre procédé approprié » (code de la consommation, art. L. 112-1, lu le 6 octobre 2026) ; selon service-public, le prix figure sur le produit ou « sur un écriteau placé à proximité directe » (fiche F23175, vérifiée le 2 juillet 2024). Pour un camion, la carte avec ses prix, lisible depuis la file, remplit ce rôle. Les règles plus détaillées de l'arrêté du 27 mars 1987 visent les établissements où l'on consomme sur place : si vous installez des tables, demandez à la DDPP ce qui s'applique. Sur le camion, affichez aussi l'origine des viandes et les allergènes (voir S'établir, H).
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Pour le détail : Les prix affichés et l'eau gratuite.
Précommande et livraison
Sans adresse fixe, la livraison classique est difficile ; le canal du métier est plutôt la précommande avec retrait au camion, par message, par téléphone ou par une application. Avant de vous inscrire sur une plateforme, demandez si elle accepte un point de vente qui change d'adresse, lisez le contrat (commission, annulations, virements, sortie), et tenez à jour l'emplacement du jour sur la fiche de précommande. Sur toute commande à distance, l'origine des viandes est donnée avant la commande et les allergènes sont renseignés.
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Pour le détail : Organiser les commandes en ligne au quotidien.
Organiser la semaine
Conseils de professionnels :
- organisez la semaine jour par jour : l'emplacement, les courses, la préparation à la base arrière, le service ; et gardez un temps pour l'entretien du camion et l'administratif ;
- tenez un tableau des emplacements : jour, autorisation et sa date de fin, redevance ou droit de place, clients servis, recette du jour ; comparez-les chaque mois et abandonnez ceux qui ne couvrent pas leurs coûts ;
- faites une liste de chargement (gaz, eau, monnaie, terminal chargé, documents) : un oubli se paie loin de la base arrière ;
- prévoyez quoi faire quand il pleut : emplacement de repli, annonce sur les réseaux, quantités préparées réduites.
S'équiper
Le camion, sa carte grise et son poids, l'énergie, l'eau, les emballages, l'hygiène
Le budget du camion et de son aménagement se chiffre dans le business plan ; cette partie dit comment l'équiper.
Aménager le camion
Les choix de départ
Trois choix structurent l'investissement : un camion neuf ou d'occasion ; un camion ou une remorque tractée (permis, stationnement et manœuvres ne sont pas les mêmes, voir 2) ; un véhicule que vous faites aménager par un carrossier, ou un camion livré clé en main. Demandez dans tous les cas, par écrit, le poids du camion une fois équipé et qui se charge de la démarche auprès de la DREAL.
Ce que les services de contrôle attendent
La DDPP de la Charente-Maritime résume ce qu'elle attend d'un camion (fiche « Food-Trucks ») :
- une séparation totale entre la cabine de conduite et la partie commerciale ;
- des surfaces faciles à nettoyer et à désinfecter, en matériaux lisses, lavables, résistants à la corrosion et aux chocs, imputrescibles et non toxiques ;
- un froid suffisant, positif et négatif selon vos produits (les glacières sont « fortement déconseillées »), avec un thermomètre dans chaque enceinte réfrigérée ;
- une vitrine de protection pour les produits exposés, y compris pour une rôtissoire ou une broche ;
- un point d'eau à commande hygiénique, avec eau chaude si possible, essuie-mains à usage unique et savon, et la récupération des eaux usées (voir 4) ;
- une poubelle à couvercle, et un matériel de cuisson placé de façon à éviter les contaminations.
Selon la même fiche, un camion peut être contrôlé sur un marché ou sur la voie publique comme un commerce fixe.
Carte grise, poids et permis
La carte grise d'un camion aménagé
Aménager un utilitaire en cuisine est une transformation du véhicule. Selon service-public (fiche F1478, vérifiée le 10 janvier 2025), après une transformation notable, la DREAL délivre un procès-verbal de réception à titre isolé (RTI), et vous avez un mois pour demander la modification de la carte grise ; le contrôle technique ne doit pas être périmé au jour de la demande.
Les DREAL publient la liste des pièces pour un véhicule aménagé en magasin, dit « VASP magasin » (VASP : véhicule automoteur spécialisé). Celle de Bourgogne-Franche-Comté (version d'avril 2023) demande notamment l'attestation des travaux du transformateur, les plans cotés de l'aménagement, le calcul des masses, l'accord du constructeur si l'aménagement dépasse ses limites, et les bulletins de pesée du véhicule à vide ; le rendez-vous n'est fixé qu'une fois le dossier complet. Demandez la liste et le délai à la DREAL de votre région, et comptez-le dans votre calendrier : il peut repousser la date du premier service. Pour un camion d'occasion, vérifiez que la carte grise correspond bien à l'aménagement.
Le poids et le permis
Tout dépend du poids total autorisé en charge (PTAC) inscrit sur la carte grise, selon service-public :
| Ce que vous conduisez | Permis | Source |
|---|---|---|
| Camion de 3,5 tonnes de PTAC au plus | B | Fiche F2828 (vérifiée le 26 mai 2025) |
| Voiture et remorque de 750 kg au plus, ou remorque plus lourde si l'ensemble ne dépasse pas 3 500 kg | B | Fiche F2828 |
| Remorque de plus de 750 kg, ensemble de plus de 3 500 kg sans dépasser 4 250 kg | B avec la mention 96 (formation de 7 heures) | Fiche F2828 |
| Remorque de 750 kg à 3 500 kg, ensemble de plus de 4 250 kg | BE | Fiche F2845 (vérifiée le 10 août 2026) |
| Camion de plus de 3,5 tonnes sans dépasser 7,5 tonnes | C1 (permis B préalable, visite médicale, validité limitée) | Fiche F31121 (vérifiée le 1er janvier 2024) |
L'inox, le froid, les plaques, les réserves d'eau et le stock pèsent vite : la charge utile qui reste une fois le camion équipé et chargé se vérifie avant l'achat. Faites peser le camion chargé.
Le contrôle technique
Selon service-public (fiche F33801), les camionnettes de 3,5 tonnes au plus passent le contrôle technique tous les deux ans, avec un contrôle complémentaire de la pollution ; au-delà de 3,5 tonnes, d'autres règles s'appliquent : demandez-les à un centre de contrôle avant d'acheter.
Gaz, électricité et bruit
L'électricité et le froid
La vraie question est l'autonomie : sur chaque emplacement, y a-t-il un branchement électrique, ou faut-il un groupe électrogène ? La puissance nécessaire s'additionne (friteuse, plancha si elle est électrique, froid, éclairage, caisse) : faites-la calculer par l'aménageur, et annoncez-la à la commune, au marché ou à l'organisateur avant de signer. Demandez-lui aussi sur quoi tourne le froid pendant le trajet et moteur coupé, et combien de temps il tient.
Le bruit compte : « Aucun bruit particulier ne doit, par sa durée, sa répétition ou son intensité, porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l'homme », dans un lieu public ou privé (code de la santé publique, art. R. 1336-5). Avant d'accepter un emplacement, demandez si le règlement du marché ou de la commune encadre les groupes électrogènes. Sur le domaine public, les systèmes de chauffage ou de climatisation d'extérieur sont interdits (code général de la propriété des personnes publiques, art. L. 2122-1-1 A).
Le gaz
Les bouteilles de gaz, les flexibles et les appareils de cuisson sont le premier risque du camion. Pour savoir quels contrôles s'appliquent à votre installation et à quelle fréquence, posez la question à un professionnel du gaz qualifié, et demandez à chaque commune ou organisateur ce qu'il exige dans son dossier.
Conseils de professionnels, à contrôler avant chaque saison :
- flexibles et détendeurs dans leur date de validité ;
- bouteilles arrimées, dans un coffre ventilé, à l'extérieur de l'espace de travail ;
- robinets d'arrêt accessibles ;
- extincteurs adaptés aux feux d'huile et de gaz, et justificatifs de vérification gardés dans le camion.
Faites contrôler l'installation par un professionnel du gaz et gardez son attestation : les organisateurs d'événements la demandent souvent dans leur dossier. C'est un conseil, pas une obligation.
Eau propre et eaux usées
Le camion embarque son eau : elle doit être potable, comme toute eau utilisée pour les aliments, et les eaux usées sont récupérées dans une réserve (DDPP de la Charente-Maritime). Où remplir et où vider, c'est la question à poser à la mairie, au gestionnaire du marché ou à l'organisateur pour chaque emplacement, et à votre base arrière. Le même article impose aux « établissements de restauration et débits de boisson » d'indiquer que l'eau potable peut être demandée gratuitement : demandez à la DDPP si et comment cela s'applique à un camion.
Conseils de professionnels : dimensionnez les deux réserves pour votre plus longue journée, ne videz jamais les eaux usées dans un caniveau ou une bouche d'égout, nettoyez et désinfectez la réserve d'eau propre régulièrement.
Consommables et emballages
Matières premières, pains, sauces, huile, gaz, produits de nettoyage, et surtout emballages à emporter : papier burger, boîtes à frites, pots de sauce, serviettes, sacs, gobelets. Certains produits en plastique à usage unique ne sont plus mis à disposition des clients : gobelets, verres et assiettes jetables depuis 2020, puis pailles, piques à steak, couvercles à verre, couverts, bâtonnets mélangeurs et contenants en polystyrène expansé destinés à la consommation sur place ou nomade depuis 2021 (code de l'environnement, art. L. 541-15-10, lu le 6 octobre 2026). La vaisselle réemployable, elle, ne s'impose que pour la restauration sur place qui permet de restaurer au moins 20 personnes en même temps (art. D. 541-342) : avec vos tables ou celles d'un événement, voir le détail. « Les vendeurs de boissons à emporter adoptent une tarification plus basse » quand le client présente son propre récipient réemployable (même article).
Conseils de professionnels : travaillez avec des fournisseurs réguliers (boucher ou grossiste, boulanger pour les pains), commandez au plus près de vos ventes, et notez ce que vous jetez : le frais non vendu est une perte directe.
Les déchets ont aussi leur filière : selon service-public (fiche F32189), les huiles de friture usagées sont collectées par un organisme agréé et les biodéchets triés à la source. Gardez les bons d'enlèvement de l'huile.
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Pour le détail : Vaisselle réemployable et emballages.
Hygiène et base arrière
Les points sensibles du métier, d'après les professionnels :
- Le froid sur toute la journée, de la base arrière à la fin du service, à côté de la chaleur de la plancha : relevez les températures et sachez ce que vous faites d'un produit resté trop chaud ;
- La viande hachée : date limite courte, cuisson à cœur, étiquettes des lots conservées pour la traçabilité et l'origine ;
- Les mains : un lavabo à eau chaude, et séparer, si vous êtes deux, la personne qui encaisse de celle qui cuisine ;
- Le propre et le sale dans un camion étroit : une place pour chaque chose, les déchets et la vaisselle sale à l'écart des produits.
Selon service-public, les produits réfrigérés se conservent entre 0 et 3 °C et les plats cuits sont portés rapidement à 63 °C ; respectez aussi la température indiquée sur l'étiquette de chaque produit. Le plan d'hygiène, les documents à tenir et les contrôles sont expliqués dans le détail commun.
La base arrière : si vous préparez une partie de vos produits ailleurs que dans le camion, ce lieu figure dans votre déclaration à la DDPP (voir S'établir, H) et suit les mêmes règles d'hygiène. Si vous envisagez de préparer chez vous, demandez d'abord à la DDPP si votre cuisine peut servir de lieu de préparation, ou s'il vous faut un local.
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Pour le détail : Votre organisation d'hygiène et les contrôles.
Se rémunérer
Ce que le camion vous laisse, et comment vous le verser
Votre calcul
Il n'existe pas de revenu officiel « moyen » d'un food truck. Partez des recettes de chaque emplacement et de chaque événement prévues au business plan. Retirez les achats (matières, emballages), les redevances et droits de place, les participations aux événements, le carburant, le gaz, l'assurance et l'entretien du camion, la base arrière et les intérêts du crédit. Ôtez ensuite cotisations, impôt et capital remboursé chaque mois : le solde est votre revenu possible.
Conseil de professionnels : faites ce calcul sur l'année entière, hiver compris, pas sur un bon mois d'été.
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Pour le détail : Se rémunérer : calcul, prélèvements, trésorerie.
Ce qui est prélevé
En micro-entreprise, le food truck verse 12,3 % de ses recettes en cotisations sociales en 2026, même un mois sans marge (voir S'établir, E). Au réel ou en société, les cotisations portent sur le bénéfice, une fois les charges du camion déduites. Le détail commun ci-dessus donne les taux et les options pour l'impôt.
Comment vous payer
Entrepreneur individuel, vous vivez du bénéfice de l'entreprise. Dirigeant de société, vous vous fixez une rémunération, éventuellement complétée par des dividendes. Gardez toujours sur le compte de l'entreprise l'échéance du camion, les factures des fournisseurs et une marge pour les réparations.
Trésorerie
L'argent rentre surtout à la belle saison, et les dépenses tombent toute l'année : échéances du camion, assurance, redevances annuelles, cotisations, TVA, cotisation foncière des entreprises (CFE). Mettez de côté pendant les bons mois de quoi traverser l'hiver, et gardez une réserve pour une panne en pleine saison.
Se projeter
S'agrandir, revendre ou arrêter
S'agrandir
Grandir, en food truck, c'est le plus souvent embaucher (voir la convention collective, S'établir, G), ajouter des emplacements ou des événements, passer en société (voir S'établir, E), mettre un second camion sur la route, ou ouvrir un local fixe : un snack ou un comptoir à emporter relève alors du guide restauration rapide. Chaque nouveau camion a ses propres papiers et ses emplacements demandés à votre nom ; une enseigne qui vous propose une franchise doit vous remettre un document d'information précontractuel avant la signature.
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Pour le détail : Rejoindre une enseigne ou une franchise.
Revendre
Revendre un food truck, c'est souvent revendre un camion équipé : les emplacements ne se vendent pas avec lui, car le permis de stationnement est personnel et ne se vend pas avec le fonds (voir S'établir, I). Un acheteur devra demander ses propres autorisations. Ce qui fait la valeur : un camion en règle (carte grise conforme à l'aménagement, contrôle technique, justificatifs d'entretien et du gaz), des comptes clairs, une marque connue et des contrats d'événements qui peuvent être repris si l'organisateur l'accepte. Si vous cédez l'entreprise elle-même (le fonds ou les parts), faites-vous accompagner.
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Pour le détail : Revendre ou reprendre un fonds.
Arrêter
Pour arrêter : la déclaration de cessation sur le guichet unique et les dernières déclarations fiscales et sociales ; un message aux communes qui vous ont donné un permis de stationnement, aux marchés et aux organisateurs ; la fin de l'activité signalée à la DDPP et, si vous l'aviez, à la mairie pour la petite licence à emporter ; la vente ou un autre usage du camion, avec son assurance adaptée.
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Pour le détail : Arrêter son activité.
FAQ
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation pour installer un food truck ?+−
Oui. Sur la voie publique, un food truck a besoin d'un permis de stationnement, demandé à la mairie pour la plupart des voies : il est temporaire, précaire et révocable, personnel, et donne lieu à une redevance (code général de la propriété des personnes publiques, art. L. 2122-1 à L. 2122-3 ; service-public, fiche F10003). Sur un parking privé, l'essentiel est l'accord écrit du propriétaire ou du gestionnaire.
Où trouver des emplacements pour un food truck ?+−
Par quatre pistes à mener en même temps : les appels à candidatures des communes et intercommunalités, les marchés (auprès de la mairie ou du placier), les terrains privés de semaine comme les parkings d'entreprise ou de zone d'activité, et les événements. Faites écrire chaque accord, et obtenez au moins un accord de principe écrit avant d'acheter le camion : la carte d'ambulant ne donne aucune place.
Un food truck a-t-il besoin d'une carte de commerçant ambulant ?+−
Oui, dès que vous vendez hors de la commune de votre habitation ou de votre principal établissement (code de commerce, art. L. 123-29). Selon service-public (fiche F21856), la carte coûte 30 €, arrive en un mois au plus, avec un certificat provisoire sur demande, et la déclaration se renouvelle tous les quatre ans (art. R. 123-208-3 et R. 123-208-4). Vendre sans déclaration est une contravention de 4e classe.
Quel permis faut-il pour conduire un food truck ?+−
Le permis B, pour un camion de 3,5 tonnes de poids total autorisé en charge (PTAC) au plus. Entre 3,5 et 7,5 tonnes, il faut le permis C1. Avec une remorque de plus de 750 kg, la mention 96 ou le permis BE peuvent être nécessaires selon le poids de l'ensemble (service-public, fiches F2828, F2845 et F31121). Vérifiez le PTAC et la charge utile avant l'achat.
Un food truck doit-il être homologué en VASP ?+−
Un camion aménagé en cuisine est un véhicule transformé : il passe en réception et sa carte grise doit être modifiée. Selon service-public (fiche F1478), la DREAL délivre un procès-verbal de réception à titre isolé, et vous avez un mois pour faire modifier la carte grise. Les DREAL publient la liste des pièces d'un véhicule « VASP magasin » (véhicule automoteur spécialisé).
Quelle formation faut-il pour ouvrir un food truck ?+−
La formation à l'hygiène alimentaire, pour au moins une personne de l'entreprise ; aucun diplôme n'est exigé. Elle se suit auprès d'un organisme autorisé par le préfet de région, et service-public cite expressément le food-truck (fiche F32189). Certains diplômes du secteur, délivrés depuis 2006, ou trois ans d'expérience comme gestionnaire ou exploitant dans le secteur alimentaire dispensent de cette formation.
Faut-il déclarer un food truck à la DDPP ?+−
Oui, avant de commencer, auprès de la direction départementale de la protection des populations (DDPP). Selon la DDPP de la Charente-Maritime, la déclaration d'un food truck indique l'adresse de l'établissement et de l'éventuel atelier de préparation, ainsi que la liste des marchés fréquentés, publics ou privés. Mettez-la à jour quand vos emplacements changent.
Peut-on préparer chez soi ou faut-il un local (labo) ?+−
C'est à demander à la DDPP avant de commencer : elle vous dira si votre cuisine peut servir de lieu de préparation, ou s'il vous faut un local. Dans tous les cas, si vous préparez ailleurs que dans le camion, ce lieu, la base arrière, figure dans votre déclaration à la DDPP et suit les mêmes règles d'hygiène que le camion.
Peut-on vendre de l'alcool dans un food truck ?+−
Oui, de la bière, du vin ou du cidre, mais pas d'alcools forts : il est interdit aux marchands ambulants de vendre des boissons des groupes 4 et 5 (code de la santé publique, art. L. 3322-6). Selon service-public (fiche F22379), il faut la petite licence à emporter, déclarée au moins 15 jours avant. Après 22 h, une formation préalable s'ajoute (art. L. 3331-4).
Peut-on installer un food truck sur un terrain privé ?+−
Oui, avec l'accord écrit du propriétaire ou du gestionnaire, par exemple sur un parking d'entreprise. La vente depuis un camion sur un terrain privé relève de la vente au déballage : deux mois par année civile au plus sur un même emplacement (code de commerce, art. L. 310-2). Selon service-public (fiche F22397), une déclaration préalable est faite au maire : demandez-lui la démarche et les règles d'urbanisme du terrain.
Peut-on ouvrir un food truck en micro-entreprise ?+−
Oui. Le food truck relève de la vente : en micro-entreprise, le plafond est de 203 100 € de chiffre d'affaires (code général des impôts, art. 50-0) et les cotisations sociales sont de 12,3 % du chiffre d'affaires en 2026 (code de la sécurité sociale, art. D. 613-4). Mais le camion, son aménagement, le carburant et l'entretien ne se déduisent pas : comparez avec un régime réel ou une société.
Méthodologie
Comment Auxeli a vérifié ce guide
Les articles de code cités ont été lus sur Légifrance quand nous l'indiquons, dans leur version en vigueur à la date de lecture. Les positions de l'administration (fiches service-public, pages ministérielles, fiches des DDPP et des DREAL) sont présentées comme telles, et quand une fiche et un texte de loi ne disent pas la même chose, nous citons les deux et retenons le texte. Ce que nous n'avons pas pu confirmer sur une source officielle n'est pas publié : aucun montant de redevance ou de droit de place, aucun prix de camion ni revenu « type » n'est avancé, et quand aucun texte lu ne tranche (gaz, eaux usées, terrain privé), nous vous renvoyons vers l'organisme compétent. Les conseils pratiques viennent de l'expérience de professionnels et sont présentés comme tels. Les détails communs, que vous pouvez déplier dans le guide, sont sourcés sur leur page. Le détail de notre démarche est expliqué sur notre page méthodologie.
Sources consultées
- Légifrance, code de commerce, art. L. 123-29 (version du 29 janvier 2017), lu les 2 et 5 octobre 2026 ; art. R. 123-208-1 à R. 123-208-8 et L. 310-2 (version du 28 mai 2026), lus le 6 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code général de la propriété des personnes publiques, art. L. 2122-1, L. 2122-1-1 et L. 2125-3 (lus le 5 octobre 2026), L. 2122-1-1 A, L. 2122-2, L. 2122-3 et L. 2125-1 (lus le 6 octobre 2026) (nouvel onglet)
- Légifrance, code général des collectivités territoriales, art. L. 2224-18 (version du 6 juillet 1996) et L. 2213-6 (version du 1er janvier 2018), lus le 6 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code de la santé publique, art. L. 3321-1, L. 3331-3, L. 3331-4, L. 3332-4-1, L. 3332-5, L. 3332-13, L. 3334-2 et L. 3342-1 (lus les 2 et 5 octobre 2026), art. R. 1336-5 (lu le 5 octobre 2026), art. L. 3322-6 et L. 3334-2 (relus le 6 octobre 2026) (nouvel onglet)
- Légifrance, code général des impôts, art. 50-0 et 293 B (lus le 2 octobre 2026), art. 279 (lu le 4 octobre 2026) et 278-0 bis (lu le 5 octobre 2026), abrogés au 1er janvier 2027 par l'ordonnance n° 2025-1247 pour 278-0 bis, 279, 286 et 293 B (nouvel onglet)
- Légifrance, code de la sécurité sociale, art. D. 613-4 (version en vigueur depuis le 1er janvier 2026), lu le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code rural et de la pêche maritime, art. D. 233-11 à D. 233-13, lus le 5 octobre 2026 ; arrêté du 18 novembre 2024 (liste des diplômes dispensant de la formation en hygiène alimentaire), lu le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, décrets n° 2002-1465 (version du 19 février 2025), n° 2023-492 et n° 2024-171 (origine des viandes), lus le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, convention collective nationale de la restauration rapide du 18 mars 1988 (IDCC 1501), article 1er, lu le 5 octobre 2026 ; convention des hôtels, cafés, restaurants du 30 avril 1997 (IDCC 1979), art. 1er, lu le 4 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Légifrance, code de l'environnement, art. L. 541-15-10 (version du 3 mai 2025), lu le 6 octobre 2026 ; code de la consommation, art. L. 112-1 (version du 1er juillet 2016), lu le 6 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Commerce ambulant : réglementation à respecter » (F21856), vérifiée le 24 septembre 2025, consultée le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Terrasse ouverte ou fermée, étalage : autorisation d'occupation du domaine public » (F10003), vérifiée le 8 septembre 2025, consultée le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Vente au déballage : règles à respecter » (F22397), vérifiée le 22 juillet 2026, consultée le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Affichage des prix : règles à respecter » (F23175), vérifiée le 2 juillet 2024, consultée le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Licences des débits de boissons » (F22379), vérifiée le 27 novembre 2025, consultée le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Vente d'alcool à emporter la nuit » (F37486), vérifiée le 17 décembre 2025, consultée le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Déterminer la nature de l'activité d'une entreprise » (F32887), vérifiée le 1er septembre 2024, consultée le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Domicilier son entreprise individuelle et son activité » (F2160), vérifiée le 2 juillet 2026, consultée le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Entreprendre.service-public.gouv.fr, « Règles d'hygiène dans la restauration et les commerces alimentaires » (F32189), vérifiée le 12 mars 2024, relue en entier le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Service-public.gouv.fr, « Permis B » (F2828, vérifiée le 26 mai 2025), « Permis BE » (F2845, vérifiée le 10 août 2026), « Permis C1 » (F31121, vérifiée le 1er janvier 2024), consultées le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Service-public.gouv.fr, « Véhicule modifié et certificat d'immatriculation (ex-carte grise) » (F1478), vérifiée le 10 janvier 2025, consultée le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Service-public.gouv.fr, « Contrôle technique » (F33801) et « Assurance auto obligatoire » (F2628), consultées le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- DREAL Bourgogne-Franche-Comté, « RTI/RI VASP magasin : aménagement en véhicule magasin » (version d'avril 2023), consultée le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Préfecture de la Charente-Maritime, DDPP, fiche réflexe « Food-Trucks », consultée le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Insee, NAF 2025, sous-classe 56.12Y « Activités de service de restauration mobile » (publiée le 4 septembre 2026), et page « NAF 2025 » (mise à jour le 12 février 2026), consultées le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- Ministère de l'Agriculture, instruction technique DGAL/SDSSA/2026-185 du 3 avril 2026 (formation à l'hygiène en restauration), lue le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
- BOFiP, BOI-ANNX-000495, tableau des taux de TVA des produits alimentaires préparés (version du 21 août 2024), consulté le 5 octobre 2026 (nouvel onglet)
Dernière vérification de l'ensemble du guide : 5 octobre 2026.