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Métiers / Beauté / Esthéticienne indépendante

Esthéticienne indépendante : se mettre à son compte, en institut, en cabine ou à domicile

Pour les esthéticiennes qui s'installent à leur compte, souvent après quelques années de salariat.Qualification, business plan, statut, assurances, laser et lumière pulsée, matériel, clientes, prix et rémunération : le guide suit l'installation dans l'ordre, jusqu'à l'embauche, la revente ou l'arrêt.

Il ne traite ni de la coiffure, ni de la prothésie ongulaire : voir nos guides coiffeur indépendant et prothésiste ongulaire.

Dernière vérification : 4 octobre 2026.

Esthéticienne réalisant un soin du visage
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Comprendre le métier, vérifier, chiffrer, puis statut, obligations et démarches

Comprendre le métier d'esthéticienne indépendante

Pour l'Insee, les soins de beauté (code d'activité 96.02B) comprennent les conseils en beauté et les soins du visage et de la peau (maquillage, traitement anti-rides, massages faciaux à vocation esthétique), les soins de manucure et des pieds à vocation esthétique, et l'épilation. C'est une activité artisanale réglementée : on ne peut l'exercer qu'avec une qualification, en institut comme à domicile (voir Avant tout).

Le code de l'artisanat parle de « soins esthétiques à la personne autres que médicaux et paramédicaux » et de « modelages esthétiques de confort sans finalité médicale » (art. L. 121-1, 5°). Le modelage y est défini comme « toute manœuvre superficielle externe réalisée sur la peau du visage et du corps humain dans un but exclusivement esthétique et de confort », manuelle ou facilitée par un appareil à visée esthétique.

Cabine de soins esthétiques avec table de soin et produits

Comment le métier est organisé

Aucune statistique officielle ne compte à part les esthéticiennes indépendantes. L'Urssaf publie des chiffres pour un secteur plus large, « coiffure et soins du corps », qui regroupe aussi la coiffure : en 2025, 136 725 auto-entrepreneurs et 55 807 travailleurs indépendants « classiques » y étaient administrativement actifs (données ouvertes de l'Urssaf, mise à jour du 25 septembre 2026).

Les principales façons d'exercer :

  • L'institut, créé ou repris : un local commercial, souvent un bail, des travaux, parfois des appareils coûteux et des salariées. Seule, tout repose sur vous : accueil, soins, caisse, linge, commandes.
  • Chez la cliente (esthétique à domicile) : vous vous déplacez avec un matériel mobile (table pliante, chauffe-cire, produits). Pas de local à financer, mais un véhicule, du temps de trajet et du matériel à porter.
  • Dans une cabine chez vous : vous recevez vos clientes dans une pièce de votre logement. Peu de frais, mais des vérifications avant de commencer (voir Avant tout) et une frontière à tenir entre vie privée et activité.
  • La cabine louée dans un salon de coiffure, un spa ou un local partagé avec d'autres professionnels : vous travaillez à votre compte contre un loyer ou une redevance. Aucun régime juridique propre n'encadre ces montages. Vous êtes immatriculée, assurée à votre nom et facturez vous-même vos clientes. Avant de signer, faites préciser par écrit qui encaisse, qui fixe les prix, qui prend les rendez-vous, à qui appartient la clientèle, s'il existe une clause de non-concurrence, et si la redevance est fixe ou proportionnelle à votre chiffre d'affaires. Une relation trop dépendante peut être requalifiée en contrat de travail : faites valider le contrat par votre chambre de métiers et de l'artisanat (CMA) ou un juriste.
  • Les établissements et les événements : maisons de retraite, structures de soins (la socio-esthétique), mariages. En établissement, convenez par écrit des conditions de passage et de qui paie.
  • L'institut sous enseigne ou en franchise : voir Se projeter.

Le métier au quotidien

Les repères qui suivent viennent de l'expérience de professionnelles, pas de règles officielles.

  • Les horaires : des journées de présence plus longues que le temps de soin facturé, une pause déjeuner souvent prise entre deux clientes, ou sautée, les derniers rendez-vous en fin de journée. Les clientes qui travaillent viennent entre midi et deux, le soir et le samedi, en général le jour le plus demandé. Beaucoup d'instituts ferment un jour en semaine, souvent le lundi. À domicile, les créneaux suivent ceux des clientes.
  • La saison : l'épilation à la cire monte au printemps et avant les vacances d'été ; les cures de laser et de lumière pulsée se programment plutôt à l'automne et en hiver, hors des périodes d'exposition au soleil. Noël, la Saint-Valentin et la fête des mères apportent les cartes cadeaux et les coffrets, la saison des mariages les forfaits de maquillage et de soins. Le creux dépend de la zone : en ville, l'été peut être calme ; en zone touristique, c'est la pleine saison.
  • Le corps : debout presque toute la journée, penchée sur la table, avec des gestes répétés (cire, modelage) : le dos, la nuque, les épaules, les poignets et les jambes travaillent. Les mains souffrent de l'eau, des produits et des gants, et la cire chaude peut aussi vous brûler.
  • Le temps non facturé : préparation et désinfection de la cabine entre deux clientes, linge, commandes, messages (souvent le soir), comptabilité ; s'y ajoutent les trous entre deux rendez-vous et les annulations de dernière minute. La formation se prévoit à part. Et pas de congés payés : une semaine de vacances, c'est une semaine sans chiffre d'affaires.
  • Chez la cliente en plus : trajets et stationnement, table et matériel à porter, installer et désinstaller à chaque rendez-vous, cliente en retard ou absente, et un espace qui change chaque fois (lumière, place, eau chaude, enfants ou animaux présents). Pensez à votre sécurité : prévenez un proche de vos rendez-vous, surtout avec une nouvelle cliente.

Le parcours suivi par ce guide

  • À domicile, en cabine chez vous ou en cabine louée, l'investissement est limité : le guide suit le plus souvent la micro-entreprise (entreprise individuelle au régime simplifié, dite « auto-entrepreneur »).
  • Pour un institut, l'investissement (local, travaux, appareil de laser ou de lumière pulsée, salariées) conduit souvent à créer une société : le guide signale ce qui change, et renvoie au choix de la structure.

Avant tout : ce qui pourrait bloquer le projet

La qualification. Les soins esthétiques et les modelages de confort ne peuvent être exercés que par une personne qualifiée professionnellement, ou sous son contrôle effectif et permanent, « quels que soient le statut juridique et les caractéristiques de l'entreprise » (code de l'artisanat, art. L. 121-1, 5°). La règle est la même en institut, en cabine et à domicile :

  • Avec un diplôme : un certificat d'aptitude professionnelle (CAP), un brevet d'études professionnelles (BEP), ou un diplôme ou titre de niveau égal ou supérieur, homologué ou enregistré au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP), qui atteste d'une qualification dans le métier (art. R. 121-1). Service-public cite le CAP, le BEP, le bac professionnel et le BTS d'esthétique (fiche F36070, vérifiée le 1er septembre 2024).
  • Sans diplôme : 3 années d'expérience effective dans le métier (en France, dans l'Union européenne ou dans l'Espace économique européen), comme dirigeante, indépendante ou salariée (art. R. 121-3), puis une attestation de qualification délivrée par la CMA (art. R. 121-4).

Un diplôme d'un autre domaine, même de niveau supérieur, ne suffit pas : il doit attester d'une qualification en esthétique. En cas de doute, faites-le confirmer par votre CMA. Les parcours de formation sont détaillés dans Se former.

Exercer à titre indépendant sans la qualification exigée, ou sans le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée, est puni d'une amende de 7 500 € (art. L. 151-2). Vous pouvez y échapper si vous justifiez remplir les conditions dans les 4 mois suivant la demande ou le contrôle. Des peines complémentaires existent, dont la fermeture de l'établissement pour 5 ans au plus (art. L. 151-3 et L. 151-4).

Les activités voisines.

  • La coiffure est une autre activité de la même liste (art. L. 121-1, 9°), avec ses propres diplômes. Une personne qualifiée peut réaliser les tâches des métiers connexes de la même activité (art. R. 121-5) : un institut qui propose aussi de la coiffure doit donc s'assurer qu'une personne qualifiée en coiffure exerce ou contrôle cette activité. Faites valider votre organisation par la CMA.
  • Les ongles : voir la partie Avant tout du guide prothésiste ongulaire.
  • Les cils (extensions, rehaussement, teinture) : aucun des textes lus pour ce guide ne dit expressément si ces prestations relèvent des soins esthétiques réglementés. Avant de les proposer sans qualification en esthétique, posez la question par écrit à votre CMA.
  • Les actes à la frontière du médical : voir Les actes encadrés.

Pour un institut ou une cabine, avant de signer :

  • Le bail : vérifiez que la clause de destination autorise une activité de soins esthétiques.
  • Le local et la mairie : un institut reçoit du public. Avant toute signature, demandez à la mairie quelles autorisations seront nécessaires (travaux, changement de destination, accessibilité, sécurité) et quel classement s'appliquera (voir Obligations).
  • Chez vous : si vous recevez des clientes dans votre logement, vérifiez le règlement de copropriété ou votre bail d'habitation, prévenez votre assureur habitation (voir S'assurer) et interrogez la mairie.
  • Pour une reprise : voir le point reprise du business plan.

Faire vos comptes : votre business plan

Le business plan sert d'abord à vous : savoir si votre institut, votre cabine ou votre activité à domicile tient, avant de le présenter à la banque. Aucune source officielle ne publie de budget type pour un institut ou une activité à domicile : nous ne donnons pas de montants, chiffrez chaque poste sur devis. Les postes propres à l'esthétique sont les appareils (laser, lumière pulsée, soins du corps) avec la formation obligatoire qui les accompagne (voir Se former), le loyer du local ou la redevance d'une cabine, ou le véhicule et le matériel mobile à domicile.

Pour les recettes, comptez les soins que vous pouvez réaliser par jour selon leur durée, avec un scénario prudent pour les premiers mois, puis faites le calcul à l'envers : combien de soins par semaine faut-il pour couvrir les charges, les remboursements et ce que vous voulez vous verser ? Séparez les soins de la vente de produits (voir Régimes). Faites relire le tout par votre CMA ou un expert-comptable avant le rendez-vous à la banque (voir Se faire accompagner).

Pour une reprise d'institut, demandez en plus le chiffre d'affaires par type de soin, l'âge et l'entretien des appareils. Conseil de professionnelles : une partie de la clientèle suit l'esthéticienne qui part, pas les murs.

Pour le détail : Faire vos comptes : le business plan.

Les aides au démarrage

Beaucoup d'esthéticiennes se lancent après une reconversion ou une période de chômage : c'est justement le profil visé par les aides au démarrage. Trois pistes sont à intégrer au plan de financement (bloc b du business plan) : l'Acre, qui réduit vos cotisations sociales pendant les premiers trimestres et se demande à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début de l'activité ; l'ARE ou l'Arce si vous êtes indemnisée par France Travail ; et les prêts d'honneur, utiles pour financer un appareil ou l'aménagement d'une cabine avant de voir la banque. Ne laissez pas passer le délai de l'Acre : notez-le dès votre immatriculation.

Pour le détail : Les aides au démarrage.

Choisir votre structure

Entreprise individuelle ou société : le choix dépend surtout de votre façon d'exercer. À domicile, en cabine chez vous ou en cabine louée, la micro-entreprise suffit le plus souvent : peu d'investissement, peu de charges à déduire. Pour un institut, comparez avec un expert-comptable : en micro-entreprise, vous ne déduisez pas vos charges réelles (loyer, travaux, appareils, salaires), et une société permet d'associer une partenaire ou de transmettre plus facilement des parts. Le plus souvent, vous achetez ou créez le fonds (clientèle, droit au bail, matériel) et louez les murs.

Pour le détail : Entreprise individuelle ou société.

Les régimes de la micro-entreprise en esthétique

Vos soins sont des prestations de services ; les produits que vous revendez relèvent de la vente. Les deux n'ont ni les mêmes plafonds ni les mêmes taux de cotisations, et se déclarent séparément. Pour les soins, le plafond de la micro-entreprise est de 83 600 € de chiffre d'affaires (revenus 2026 à 2028, code général des impôts, art. 50-0).

La TVA arrive avant le plafond de la micro-entreprise. Pour des soins esthétiques, la franchise en base de TVA s'arrête au-dessus de 37 500 € de chiffre d'affaires l'année précédente, ou en cours d'année au-delà d'un seuil majoré (CGI, art. 293 B). Vous restez micro-entrepreneuse, mais vous facturez la TVA, vous la reversez, et votre logiciel de caisse doit être conforme (voir la caisse). Fixez vos prix en pensant au moment où ils deviendront TTC.

Déclarations et options : vous déclarez votre chiffre d'affaires et payez vos cotisations chaque mois ou chaque trimestre, au choix (fiche F36232) ; l'option pour le versement libératoire de l'impôt se fait avant le dernier jour du 3e mois qui suit celui de la création (fiche F23267), et elle n'est possible que si le revenu fiscal de référence de votre foyer ne dépasse pas un plafond. La cotisation foncière des entreprises (CFE) n'est pas due l'année de création si vous déposez la déclaration initiale 1447-C-SD avant le 31 décembre ; ensuite, elle se paie en général au plus tard le 15 décembre (fiche F23547).

Pour le détail : seuils, cotisations et impôt, franchise de TVA et CFE.

Se faire accompagner

  • Votre chambre de métiers et de l'artisanat (CMA) : c'est elle qui délivre l'attestation de qualification par l'expérience (code de l'artisanat, art. R. 121-4) ; c'est aussi l'interlocutrice naturelle d'une artisane qui s'installe, et celle à qui poser les questions de qualification de ce guide.
  • Les organisations professionnelles de l'esthétique : elles proposent, selon leurs sites, information, assistance et documents à leurs adhérents, contre une adhésion payante. Comparez les services avant d'adhérer.
  • Un expert-comptable : pour le choix de la structure, le business plan, le financement d'un appareil et, si vous embauchez, la paie.

La convention collective, si vous embauchez

Selon le Code du travail numérique, la branche a sa convention : la convention collective nationale de l'esthétique-cosmétique et de l'enseignement technique et professionnel lié aux métiers de l'esthétique et de la parfumerie du 24 juin 2011 (IDCC 3032) (l'IDCC est le numéro qui identifie une convention collective). Elle ne concerne que vos salariées : vérifiez dans ses dispositions générales qu'elle s'applique bien à votre entreprise, et lisez sa version à jour (salaires minimaux, classifications, durée du travail, prévoyance) sur Légifrance (nouvel onglet) ou sur le Code du travail numérique (nouvel onglet) avant la première embauche.

L'employeur informe la salariée des conventions et accords applicables et en tient un exemplaire à jour à sa disposition sur le lieu de travail (code du travail, art. R. 2262-1). La décision d'embaucher est traitée dans Se projeter.

Les obligations propres au métier

Un institut est un établissement recevant du public (ERP)

Le règlement de sécurité (arrêté du 25 juin 1980, art. GN 1) ne nomme pas les instituts de beauté : faites confirmer le type et la catégorie de votre institut par la mairie ou la commission de sécurité avant de signer le bail ; en cabine louée, demandez au salon ce qui est déjà déclaré pour le local. Avant d'aménager, déposez l'autorisation de travaux à la mairie (service-public, fiche F31687). Une fois ouvert, vous tenez un registre de sécurité (fiche F31684) et un registre public d'accessibilité (code de la construction et de l'habitation, art. R. 164-6), et, en 5e catégorie, vous faites vérifier les installations techniques tous les trois ans au plus (arrêté du 25 juin 1980, art. PE 4).

Pour le détail : Local recevant du public (classement, travaux, sécurité, accessibilité).

Les actes encadrés et les prix

Laser, lumière pulsée, maquillage permanent et bronzage UV ont leurs propres obligations : voir Les actes encadrés, juste après. La note et les conditions de vente sont dans S'organiser.

Si vous avez des salariées

Dès la première salariée, vous évaluez les risques du poste (brûlures de cire, station debout et postures, produits allergisants, rayonnements des appareils de laser ou de lumière pulsée) et les transcrivez dans un document unique (DUERP), conservé 40 ans avec ses versions antérieures (code du travail, art. R. 4121-1 à R. 4121-4).

Pour le détail : Le document unique.

Les actes encadrés

Certaines prestations ne relèvent pas seulement de la qualification en esthétique : des textes de santé publique ajoutent des conditions. La formation correspondante est dans Se former, les appareils dans S'équiper.

L'épilation au laser et à la lumière pulsée intense

Depuis le 27 mai 2024, l'épilation au laser et à la lumière pulsée intense (IPL) à visée non thérapeutique ne peut être réalisée que par un médecin, un infirmier diplômé d'État ou une personne qualifiée pour l'activité esthétique de l'article L. 121-1 du code de l'artisanat (code de la santé publique, art. D. 1151-2). Les infirmiers et les esthéticiennes doivent avoir suivi une formation (art. D. 1151-3). Le Conseil d'État a rejeté, le 12 mars 2026, un recours contre ce décret (décision n° 496304).

Ce que les textes imposent au quotidien :

  • Afficher les attestations de formation en cours de validité, lisibles pour la clientèle (art. D. 1151-3), et, dès la mise en service de l'appareil, un avertissement sur les risques, les contre-indications, la protection des yeux et la déclaration des incidents (art. D. 1151-5).
  • Informer la cliente avant le premier acte par une fiche (exclusions, risques, contre-indications, recommandation d'une consultation médicale préalable, protection des yeux…) ; un double daté et signé par la cliente est conservé trois ans (art. D. 1151-4).
  • Examiner la peau (état cutané, phototype) avant de programmer les séances, vérifier avant chaque séance et contrôler après ; pour le laser, les vérifications sont consignées dans un document nominatif conservé trois ans après la dernière séance (art. D. 1151-6).
  • Protéger les yeux de la cliente avec des lunettes adaptées (art. D. 1151-8).
  • Déclarer les incidents graves sur le portail de signalement des événements sanitaires, et les autres incidents au fabricant (art. D. 1151-7).

Le maquillage permanent et le microblading

Selon l'agence régionale de santé (ARS) des Hauts-de-France, le maquillage permanent relève des activités de tatouage par effraction cutanée (page « Activité de tatouage, perçage corporel et maquillage permanent », 1er octobre 2026). Toujours selon cette page :

  • la création, la cessation et le transfert de l'activité sont déclarés à l'ARS ;
  • une formation aux conditions d'hygiène et de salubrité est obligatoire, « d'une durée minimale de vingt et une heures réparties sur trois jours consécutifs », auprès d'un organisme habilité par l'ARS ;
  • « L'exercice d'activité en dehors d'un local professionnel est interdit » ;
  • aucune cliente mineure sans le consentement écrit d'une personne titulaire de l'autorité parentale.

Si vous travaillez à domicile, demandez à l'ARS de votre région ce que l'exigence d'un local professionnel implique pour vous, avant de vous former et de vous équiper.

Le bronzage UV

La mise à disposition d'appareils de bronzage aux UV est encadrée par des textes spécifiques (appareils, formation du personnel, information des clients). Renseignez-vous auprès de votre CMA avant d'en proposer : ce guide ne détaille pas encore ces règles.

Ce qui reste hors du métier

Les soins esthétiques sont, par définition, « autres que médicaux et paramédicaux » (code de l'artisanat, art. L. 121-1, 5°), et le modelage exclut « toute finalité médicale et thérapeutique ». Certains actes restent réservés aux professions de santé. Avant de proposer une technique à la frontière (peelings, microneedling, appareils d'amincissement, soins présentés comme des « massages »), demandez par écrit à votre CMA ce qu'elle permet, et méfiez-vous d'une formation qui vous l'assure sans citer de texte.

Les démarches, dans l'ordre

  1. Réunir la preuve de votre qualification (diplôme, ou attestation de la CMA).
  2. Institut : vérifier le bail et les autorisations avec la mairie, puis déposer l'autorisation de travaux avant d'aménager.
  3. Immatriculer l'entreprise sur le guichet unique (RNE), au plus tôt un mois avant le début de l'activité et au plus tard 15 jours après (service-public, fiche F36746).
  4. Demander l'Acre à l'Urssaf dans les 60 jours, si vous y avez droit.
  5. Ouvrir un compte bancaire dédié (voir notre comparatif des comptes bancaires pro).
  6. Choisir vos options : versement libératoire (avant le dernier jour du 3e mois qui suit celui de la création), périodicité des déclarations.
  7. Actes encadrés : formation laser ou lumière pulsée validée avant le premier acte ; déclaration à l'ARS avant de commencer le maquillage permanent.
  8. Déposer la déclaration initiale de CFE avant le 31 décembre de l'année de création.
  9. Avant d'ouvrir : assurances, affichages, modèle de note.

Pour le détail : Les démarches, dans l'ordre.

Checklist et échéances

Les étapes de démarrage et les échéances qui reviennent, avec la partie du guide qui les explique :

QuoiQuandOù c'est expliqué
Vérifier votre qualification (diplôme ou attestation de la CMA)Avant tout engagementAvant tout
Institut ou cabine : vérifier le bail, l'urbanisme et le classement ERP avec la mairieAvant de signer un bail ou de reprendre un fondsAvant tout
Rédiger le business plan et le plan de financement (appareils compris)Avant de demander un prêtBusiness plan
Si vous êtes indemnisée par France Travail : choisir entre le cumul de l'allocation et l'ArceAvant la créationAides
Immatriculer l'entreprise sur le guichet unique (RNE)Au plus tôt 1 mois avant, au plus tard 15 jours après le début de l'activitéDémarches
Demander l'Acre à l'UrssafDans les 60 jours suivant le début de l'activitéAides
Opter pour le versement libératoire (si vous y avez droit)Avant le dernier jour du 3e mois qui suit celui de la créationStructure
Souscrire la RC Pro (chaque technique nommée) et prévenir votre assureur auto si vous vous déplacezAvant la première clienteS'assurer
Laser ou lumière pulsée : valider la formation socle, afficher les attestations, préparer la fiche d'informationAvant le premier acte, et au plus tard le 1er septembre 2027Les actes encadrés
Maquillage permanent : faire la déclaration à l'ARSAvant de commencerLes actes encadrés
Afficher les conditions de la note et préparer le modèle de noteÀ l'ouvertureS'organiser
Déclarer le chiffre d'affaires à l'Urssaf (micro-entreprise)Chaque mois ou chaque trimestre, selon votre choixStructure
Déposer la déclaration initiale de CFE (1447-C-SD)Année de création, avant le 31 décembreStructure
Payer la CFEChaque année, au plus tard le 15 décembre (à partir de la 2e année)Structure
Si vous embauchez : remettre l'information sur la convention collective et rédiger le document unique (DUERP)À la première embaucheSi vous embauchez
Laser ou lumière pulsée : suivre la formation de remise à niveauTous les 5 ans (validité de l'attestation)Se former
Faire vérifier les installations techniques de l'institut (ERP de 5e catégorie)Tous les 3 ans au plusObligations
Vérifier le logiciel de caisse et ses nouvelles références légales1er janvier 2027 (recodification)S'organiser

Les dates et délais sont expliqués et sourcés dans la partie indiquée.

S'assurer

Si une cliente est blessée, si l'institut est sinistré ou si vous ne pouvez plus travailler, qui paie ?

Prévenir votre assureur

Déclarez précisément votre façon d'exercer (institut, cabine louée, cabine chez vous, chez la cliente) et chaque technique que vous pratiquez réellement : cire, soins du visage et du corps, appareils, épilation au laser ou à la lumière pulsée, cils, maquillage permanent. Demandez par écrit ce qui est couvert et ce qui ne l'est pas, et prévenez l'assureur avant d'ajouter une nouvelle technique. Si vous recevez des clientes chez vous, prévenez aussi votre assureur habitation.

Pour le détail : Prévenir votre assureur.

La responsabilité civile professionnelle (RC Pro)

Elle couvre les dommages que vous causez à vos clientes ou à des tiers. Selon service-public, une professionnelle exerçant une activité réglementée doit souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle (fiche F36070, partie institut de beauté, vérifiée le 1er septembre 2024 ; même principe dans la fiche F23668) ; ces fiches ne citent pas le texte qui l'impose. Les risques propres au métier sont la brûlure (cire, appareils, laser et lumière pulsée), la réaction cutanée ou allergique à un produit, l'infection après une effraction de la peau et la chute d'une cliente : un contrat « esthétique » générique n'inclut pas forcément le laser, la lumière pulsée ou le maquillage permanent. Souscrivez-la avant votre première cliente, faites-y nommer chaque technique pratiquée et gardez l'attestation : un bailleur, un salon qui vous loue une cabine ou une enseigne vous la réclamera souvent.

À domicile : vérifiez que le contrat couvre les dommages causés chez vos clientes (mobilier, sol ou vêtements tachés par la cire ou un produit). En cabine louée : l'assurance du salon qui vous accueille n'est pas la vôtre et ne couvre pas votre matériel laissé sur place ; il vous faut votre propre contrat.

Pour le détail : La responsabilité civile professionnelle.

Le local

Selon service-public, si vous louez un local commercial, vous devez l'assurer (fiche F23668). Pour un institut, faites assurer le contenu (tables, appareils, stock de produits) en déclarant la valeur des appareils, et demandez ce que prévoit le contrat en cas de fermeture forcée ou de panne d'un appareil coûteux.

Pour le détail : L'assurance du local professionnel.

Le véhicule

Selon service-public, un véhicule utilisé pour l'activité doit être assuré pour cet usage (fiche F23668) : c'est le cas si vous exercez à domicile. Prévenez votre assureur auto, et demandez par écrit si la table, le chauffe-cire et les produits laissés dans le véhicule sont couverts en cas de vol.

Pour le détail : L'assurance du véhicule.

Votre propre protection

Si vous ne pouvez plus travailler, vos recettes s'arrêtent : votre dos, vos poignets et vos mains sont votre outil de travail. Le régime de base des indépendantes couvre mal ce risque : des indemnités journalières plafonnées, à partir du 4e jour d'arrêt et après 12 mois d'affiliation, rien d'automatique pour les accidents du travail, pas d'assurance chômage classique (ameli.fr ; service-public, fiche F23994). Avec des gestes répétés et des produits au contact de la peau, regardez l'assurance volontaire accidents du travail de votre CPAM et une prévoyance complémentaire (arrêt de travail, invalidité), en comparant les garanties.

Pour le détail : La protection sociale de l'indépendant.

Se former

Les diplômes de l'esthétique, les formations obligatoires et leur financement

Faut-il un diplôme ?

Oui : la qualification exigée (CAP, BEP ou diplôme de niveau égal ou supérieur en esthétique, ou 3 ans d'expérience avec l'attestation de la CMA) est expliquée dans Avant tout. Les diplômes de l'esthétique (CAP, BP, bac professionnel, BTS, brevet de maîtrise), leur code RNCP, les organismes qui y préparent et la validation des acquis de l'expérience (VAE) sont présentés dans notre guide formation.

Les formations obligatoires

Au-delà de la qualification, aucun des textes lus pour ce guide n'impose de formation pour les soins esthétiques courants. Deux exceptions :

L'épilation au laser et à la lumière pulsée intense (arrêté du 19 février 2025, version modifiée par l'arrêté du 11 août 2026) :

  • une « formation socle », indépendante de celle des fabricants, avec une partie théorique commune et une partie pratique par technique ; pour les esthéticiennes, s'y ajoute une journée « Premiers secours citoyen » (art. 1) ;
  • quatre jours pour le laser, deux jours et demi pour la lumière pulsée, cinq jours pour les deux, évaluation comprise ; la théorie (un jour et demi) peut se suivre à distance, la pratique se fait en présentiel (art. 2) ;
  • une évaluation théorique (questionnaire) puis pratique (mise en situation devant un jury), avec une moyenne de 10 sur 20 (art. 3) ;
  • une attestation valable cinq ans, puis une formation de remise à niveau d'une journée (art. 4 et 5) ;
  • une formation réalisée exclusivement par les organismes de formation du secteur professionnel des activités de services (art. 9) ;
  • à valider au plus tard le 1er septembre 2027 par les infirmiers et les esthéticiennes (art. 10).

Le maquillage permanent : une formation aux conditions d'hygiène et de salubrité, selon l'ARS (voir Les actes encadrés). Pour le bronzage UV, renseignez-vous auprès de votre CMA (voir Les actes encadrés).

Les formations utiles et le choix d'un organisme

Soins du visage, épilation, soins du corps, regard, maquillage, socio-esthétique : ces spécialisations relèvent de votre choix. Pour choisir un organisme :

  • vérifiez que la certification visée est active au RNCP ou au répertoire spécifique (RS) sur le site de France Compétences (nouvel onglet) ;
  • vérifiez si l'organisme est certifié Qualiopi (la certification qualité des organismes de formation) ;
  • demandez le volume de pratique sur de vrais modèles, et le nombre de stagiaires par formatrice ;
  • pour le laser et la lumière pulsée, demandez à l'organisme comment son programme respecte l'arrêté du 19 février 2025 (durées, évaluation, premiers secours) ;
  • méfiez-vous d'un organisme qui présente une formation courte comme « qualifiante » : elle ne remplace jamais la qualification en esthétique.

Financer votre formation : CPF et autres

Le compte personnel de formation (CPF) finance les formations préparant une certification inscrite au RNCP ou au RS. Selon service-public, le compte d'une travailleuse indépendante est crédité de 500 € par année de travail, jusqu'à 5 000 € ; en 2026, une participation de 150 € reste à votre charge, sauf cofinancement par un employeur (fiche F10705, vérifiée le 27 juin 2026). L'inscription se fait sur Mon Compte Formation (nouvel onglet).

Alternance, fonds d'assurance formation des chefs d'entreprise artisanale et autres financements : voir la partie financement du guide formation. Un conseil : comparez le reste à payer réel avant de vous inscrire.

Se faire connaître

Fiche Google, Instagram, avis : comment les clientes vous trouvent et vous choisissent

Les canaux qui comptent pour une esthéticienne

Comme la coiffure ou la prothésie ongulaire, l'esthétique est un métier de service local : la fiche Google Business Profile pour être trouvée près de chez la cliente, Instagram pour montrer vos soins et votre cabine, TikTok en complément une fois les deux premiers bien tenus. Ce qui change pour une esthéticienne (contenu par spécialisation, première semaine) est dans notre guide réseaux sociaux esthéticienne.

Ce qui est propre à l'esthétique, selon l'expérience de professionnelles (des conseils, pas des règles) :

  • La fiche Google : complète (zone desservie, horaires, carte des soins, photos récentes de la cabine). Les clientes cherchent un soin précis (« épilation », « soin du visage ») suivi du nom de la ville : nommez vos soins comme elles. À domicile, vous pouvez indiquer une zone desservie plutôt que votre adresse personnelle.
  • Tous les soins ne se montrent pas en avant / après : pour les soins du visage ou du corps, la cabine, l'hygiène, les explications et la régularité rassurent davantage qu'une transformation.
  • Le bouche-à-oreille et les partenaires locaux : cartes cadeaux, professionnels du mariage, coiffeurs voisins, pharmacies.

Pour le détail : les canaux et la fiche Google.

Les avis clients

Demandez un avis aux clientes satisfaites, et répondez à tous, y compris aux avis négatifs, calmement : un remerciement suffit, sans confirmer publiquement qu'une personne est votre cliente ni citer sa peau, sa santé ou ses séances, et proposez de poursuivre en privé. Jamais de faux avis : ni avis écrits ou modifiés par vous, ni avis, abonnés ou interactions achetés (voir la fiche de la DGCCRF « Avis en ligne : attention aux faux commentaires ! » (nouvel onglet)).

Pour le détail : Les avis clients.

Les photos

Montrez vos soins, votre cabine, votre matériel et vos tarifs. Demandez l'accord écrit de la cliente avant de publier une photo où elle est reconnaissable : selon service-public, il faut l'accord écrit d'une personne pour diffuser une image où elle est reconnaissable, y compris sur les réseaux sociaux (fiche F32103, « Droit à l'image et respect de la vie privée », vérifiée le 6 mai 2022). Pour un avant / après, ne retouchez pas le résultat : une photo qui l'exagère trompe la cliente.

Liens sans affiliation : Auxeli ne perçoit aucune commission des services cités.

S'organiser

Rendez-vous, caisse, prix et note, et organisation de la semaine

Les outils : rendez-vous et gestion

Trois familles d'outils coexistent : le simple agenda en ligne, la plateforme de réservation avec un annuaire qui peut vous amener des clientes, et le logiciel de gestion complet (agenda, fiches clientes, caisse). Elles se rémunèrent par un abonnement, par une commission sur les nouvelles clientes, par des frais sur les paiements, ou par plusieurs de ces moyens.

Critères de choix propres à l'esthétique :

  • rappels automatiques et acompte, surtout pour les soins longs ou réalisés avec un appareil coûteux ;
  • fiche cliente pour noter les contre-indications, les allergies, le phototype et l'historique des séances (utile pour le suivi exigé en laser et lumière pulsée, voir Les actes encadrés) ;
  • gestion des forfaits, des cures et des cartes cadeaux ;
  • mode tournée si vous travaillez à domicile ;
  • séparation des soins et de la vente de produits.

Notre comparatif présente les outils un par un. Aucun lien affilié : Auxeli ne perçoit aucune commission des éditeurs cités.

Le logiciel ou système de caisse

Tant que vous bénéficiez de la franchise en base de TVA, vous n'êtes pas concernée. Le jour où vous la perdez (voir les régimes), un logiciel ou un système de caisse qui enregistre les paiements de vos clientes doit garantir l'inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l'archivage des données, justifiés par un certificat ou une attestation de l'éditeur (code général des impôts, art. 286, lu le 2 octobre 2026). Avant de choisir votre logiciel de réservation, demandez à l'éditeur s'il fournit ce justificatif. L'article 286 doit être abrogé au 1er janvier 2027, ses règles étant transférées dans un autre code : les références seront à revérifier à cette date.

Pour le détail : Le logiciel ou système de caisse.

Les prix, la note et les conditions de vente

Les prix : affichez une carte des soins avec des prix TTC lisibles, à l'accueil et sur vos pages en ligne, et présentez-la à domicile avant le soin. Demandez à votre CMA si des règles d'affichage particulières s'appliquent à votre activité.

La note : elle est obligatoire dès que le soin atteint 25 € TTC, remise avant le paiement, et ses conditions sont affichées au lieu de paiement (arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983). Préparez votre modèle avant la première cliente.

Droit de rétractation à domicile : un soin convenu chez la cliente peut ouvrir un droit de rétractation de 14 jours (code de la consommation, art. L. 221-18). Si vous réalisez le soin le jour même, faites-lui confirmer par écrit, avant de commencer, qu'elle demande l'exécution immédiate et qu'elle reconnaît perdre son droit de rétractation une fois le soin entièrement réalisé (art. L. 221-28, 1°).

Pour le détail : la note de prestation et le droit de rétractation.

Forfaits, cures et cartes cadeaux : écrivez ce qui est compris, la durée de validité et ce qui se passe en cas d'annulation ou de contre-indication découverte en cours de cure.

Les soins à domicile et les services à la personne

Les « soins d'esthétique à domicile pour les personnes dépendantes » figurent dans la liste des services à la personne (code du travail, art. D. 7231-1, 6° ; voir aussi les 26 activités de services à la personne (nouvel onglet)). Les autres soins à domicile n'y figurent pas. Les conditions pour exercer dans ce cadre (déclaration, paiement, avantages pour la cliente) ne sont pas traitées dans ce guide : renseignez-vous sur ce site avant de vous présenter comme service à la personne.

Organiser la semaine

Des repères issus de l'expérience de professionnelles, pas des règles officielles :

  • Le temps réel d'un soin : comptez l'accueil, la préparation, le soin, le rangement et la désinfection de la cabine, pas seulement le temps du geste. C'est ce temps que vos prix doivent payer (voir Se rémunérer).
  • À domicile : bloquez le temps de trajet dans l'agenda comme un vrai créneau, et regroupez les rendez-vous par secteur.
  • Les soins courts (sourcils, lèvres) permettent de combler un créneau libéré à la dernière minute.
  • Rendez-vous non honorés et retards : rappels automatiques et, pour les soins longs ou avec un appareil coûteux, acompte annoncé à la réservation ; écrivez avant la première cliente votre délai d'annulation, le sort de l'acompte et ce que vous faites en cas de retard (soin écourté ou reporté).
  • Administratif et messages : réservez un créneau fixe chaque semaine (déclarations, commandes, comptabilité), et des moments fixes pour répondre aux messages plutôt qu'à toute heure. Les échéances sont dans la checklist.

S'équiper

Aménager la cabine ou équiper la tournée, choisir les appareils et tenir les consommables

Le budget se chiffre dans le business plan (voir les charges), sur devis : aucune source officielle ne publie de prix de référence. Les conseils qui suivent viennent de l'expérience de professionnelles, pas de règles officielles, sauf quand un texte est cité.

Aménager la cabine

  • En institut ou en cabine : une table de soin réglable en hauteur, un bon éclairage (lampe loupe pour les soins du visage), un point d'eau proche, une aération, des rangements qui séparent le linge propre du linge sale, et un espace d'accueil. Les règles de sécurité et d'accessibilité d'un établissement recevant du public s'imposent aux travaux (voir Obligations).
  • À domicile : une table pliante légère, le matériel rangé par type de soin (une mallette épilation, une mallette visage), une protection pour le sol et le mobilier (la cire tache), un éclairage d'appoint, et un véhicule assuré pour l'usage professionnel (voir S'assurer).
  • Votre corps : une table à la bonne hauteur et un tabouret réglable limitent la fatigue du dos et de la nuque.

Matériel et appareils

Distinguez l'investissement, qui s'amortit sur plusieurs années (table, chauffe-cire, lampe loupe, appareils), des consommables, qui se rachètent sans cesse. Le matériel varie selon les soins que vous proposez : le détail, spécialité par spécialité, est dans notre guide matériel.

Les appareils de laser et de lumière pulsée ont des règles propres (code de la santé publique) :

  • le distributeur ou le fabricant fait une démonstration de l'appareil avant toute utilisation (art. D. 1151-10) et remet sa notice d'utilisation (art. D. 1151-11) ;
  • l'appareil n'est pas modifié, il est entretenu selon les consignes du fabricant, et son suivi est consigné dans une fiche de traçabilité (art. D. 1151-9).

Les autres obligations (affichage, fiche d'information, examen de la peau, lunettes de protection) sont dans Les actes encadrés. Avant d'acheter un appareil, demandez au vendeur sa documentation de conformité et les conditions de maintenance.

Les produits : achetez des produits professionnels étiquetés en français, avec leur liste d'ingrédients et leurs précautions d'emploi, et gardez les fiches techniques : elles vous servent en cas de réaction chez une cliente.

Consommables : la liste à tenir

PosteCe qu'il comprendConseil
Épilationcire, bandes, spatules, produits avant et après épilationla cire part plus vite qu'on ne le pense : fixez un seuil de réapprovisionnement
Soins du visage et du corpsnettoyants, masques, sérums, crèmes, huiles et gels de soin ou de conductionpréférez des formats professionnels et notez les produits utilisés dans la fiche cliente
Usage uniquegants, draps d'examen, cotons, compresses, charlottesgardez une réserve à domicile : vous ne pourrez pas en racheter entre deux clientes
Lingeserviettes, housses de table, peignoirschiffrez le lavage (temps, machine ou blanchisserie) avant de choisir entre jetable et réutilisable
Hygièneproduits de nettoyage et de désinfection des surfaces et des outilsprévoyez un double jeu d'outils pour désinfecter l'un pendant que vous utilisez l'autre

Les produits revendus aux clientes (soins à emporter) relèvent d'une activité de vente, avec ses propres seuils et taux (voir les régimes) : déclarez-les à part des soins, et rangez le stock de revente à part des produits de cabine. Notre comparatif des logiciels aide à les suivre à part.

Pour le détail : Vous vendez aussi des produits.

Hygiène et entretien

Des repères issus de l'expérience de professionnelles, à compléter par les notices de vos produits et appareils :

  • Lavez-vous les mains entre deux clientes et changez de gants à chaque cliente.
  • Ne retrempez jamais une spatule déjà utilisée dans le pot de cire ; une spatule par passage.
  • Nettoyez, puis désinfectez les outils réutilisables (pinces, ciseaux, accessoires d'appareils) après chaque cliente, avec un produit adapté et en respectant le temps de contact indiqué sur l'étiquette ; jetez le matériel à usage unique.
  • Linge propre et drap ou protection de table changés pour chaque cliente.
  • Demandez à chaque nouvelle cliente ses allergies, ses traitements et ses contre-indications, et notez-les dans sa fiche.

Pour le maquillage permanent, les règles d'hygiène et la formation obligatoire sont dans Les actes encadrés.

Se rémunérer

Ce qu'il vous reste, une fois les charges, les cotisations et l'impôt payés

Faire votre propre calcul

Aucune source officielle ne publie de revenu « type » pour une esthéticienne indépendante, en institut ou à domicile : le seul chiffre fiable est celui que vous tirez de votre business plan. Vos recettes (soins et ventes de produits), moins vos charges (produits, local ou redevance, appareils, assurances), donnent le résultat, avant cotisations sociales et impôt sur le revenu. Pour les recettes, partez du nombre de soins que vous pouvez réellement réaliser par semaine, selon leur durée, multiplié par votre prix moyen, sur le nombre de semaines où vous travaillez, avec un scénario prudent (conseil de professionnelles : l'agenda est rarement plein la première année). En micro-entreprise, les cotisations sont dues sur le chiffre d'affaires encaissé, même pendant que vous remboursez un appareil.

Ce qui est prélevé

En micro-entreprise, deux prélèvements se calculent en pourcentage du chiffre d'affaires encaissé : les cotisations sociales, 21,2 % du chiffre d'affaires sur les soins et 12,3 % sur la vente en 2026 (code de la sécurité sociale, art. D. 613-4), et, si vous l'avez choisi, le versement libératoire de l'impôt (voir les régimes). Sans cette option, l'impôt sur le revenu est calculé au barème, après un abattement forfaitaire. Pour votre prévisionnel, prenez les taux de l'année dans le détail ci-dessous et gardez une marge : ils changent, revérifiez-les chaque 1er janvier.

Pour le détail : Seuils, cotisations et impôt de la micro-entreprise.

Comment vous vous payez

En entreprise individuelle, micro-entreprise comprise, votre revenu, c'est le résultat : vous prélevez sur le compte de l'entreprise ce dont vous avez besoin, sans « salaire ». En société, vous vous versez une rémunération et, le cas échéant, des dividendes ; le régime social dépend de la forme choisie (voir Choisir votre structure).

Trésorerie

Mettez de côté, à chaque encaissement, de quoi payer les cotisations et l'impôt de la période. Votre prévisionnel doit faire apparaître les pics et les creux du métier (printemps et été pour l'épilation, fêtes, mariages). Les cartes cadeaux et les forfaits sont encaissés avant d'être consommés : ne dépensez pas cet argent comme s'il était déjà gagné. Prévoyez aussi la CFE à partir de la deuxième année, le remboursement ou le renouvellement des appareils, et la remise à niveau de la formation laser ou lumière pulsée.

Pour le détail : Se rémunérer : calcul, prélèvements, trésorerie. Ce que couvrent vos cotisations (maladie, retraite) et ce qu'elles ne couvrent pas est traité dans S'assurer, plus haut.

Se projeter

S'agrandir, revendre ou arrêter

S'agrandir

  • Passer en société : quand le chiffre d'affaires approche des plafonds de la micro-entreprise ou que les charges deviennent lourdes (voir Choisir votre structure).
  • Embaucher : une salariée non qualifiée peut réaliser des soins sous le contrôle effectif et permanent d'une personne qualifiée (voir Avant tout) ; la convention collective et le document unique s'appliquent dès la première embauche (voir Si vous embauchez). Pour le laser et la lumière pulsée, chaque personne qui réalise l'acte doit elle-même être qualifiée et formée (voir Les actes encadrés).
  • Passer du domicile à l'institut, ou ajouter une cabine : la qualification exigée ne change pas, mais le local, le bail, les règles des établissements recevant du public et le financement demandent un nouveau business plan.
  • Ajouter un acte encadré (laser, lumière pulsée, maquillage permanent) : formation, déclaration éventuelle, assureur prévenu et appareil financé, avant la première cliente.
  • Rejoindre une enseigne ou une franchise : le franchiseur qui impose une exclusivité doit vous remettre un document d'information précontractuel au moins 20 jours avant la signature ou avant tout versement (code de commerce, art. L. 330-3) ; faites-le relire par un juriste et parlez à des esthéticiennes du réseau.

Pour le détail : Rejoindre une enseigne ou une franchise.

Revendre ou transmettre

Un institut de beauté est un fonds artisanal : certaines règles de la cession d'un fonds de commerce peuvent ne pas s'y appliquer de la même façon, et la personne qui reprend doit elle aussi être qualifiée (voir Avant tout). Selon service-public, la cession passe par un acte qui détaille les éléments cédés et le prix, publié puis déclaré au guichet unique (fiche F37197). Faites vérifier le montage, la valeur du fonds (appareils compris) et la fiscalité de la plus-value par un notaire, un avocat ou un expert-comptable.

Pour le détail : Revendre ou reprendre un fonds.

Arrêter

Selon service-public, une micro-entrepreneuse déclare la cessation de son activité sur le guichet unique dans les 30 jours suivant l'arrêt, et la CFE reste due pour l'année entière, sauf demande de réduction (fiche F20678). Pensez aussi au bail de l'institut ou de la cabine (préavis), au stock de produits, aux cartes cadeaux et forfaits non utilisés et au sort des appareils (revente, fin de location). Si vous pratiquiez le laser ou la lumière pulsée, conservez trois ans les fiches d'information signées et les documents de suivi (voir Les actes encadrés). Pour le maquillage permanent, selon l'ARS, la cessation de l'activité se déclare aussi auprès d'elle (voir Les actes encadrés).

Pour le détail : Arrêter son activité.

FAQ

Questions fréquentes

Faut-il un diplôme pour être esthéticienne à son compte ?+

Oui : les soins esthétiques sont une activité réglementée (code de l'artisanat, art. L. 121-1, 5°). Il faut un CAP, un BEP ou un diplôme ou titre de niveau égal ou supérieur qui atteste d'une qualification en esthétique (art. R. 121-1), à domicile comme en institut. Sans diplôme, 3 ans d'expérience effective dans le métier permettent d'obtenir une attestation de qualification de la chambre de métiers et de l'artisanat (art. R. 121-3 et R. 121-4).

Peut-on être esthéticienne auto-entrepreneur ?+

Oui, à domicile, en cabine ou en institut, tant que vos prestations ne dépassent pas 83 600 € de chiffre d'affaires par an. En 2026, vous cotisez 21,2 % du chiffre d'affaires encaissé sur les soins et 12,3 % sur la vente de produits (code de la sécurité sociale, art. D. 613-4), et vous le déclarez chaque mois ou chaque trimestre (fiche F36232). La franchise de TVA s'arrête bien avant, au-delà de 37 500 € de prestations : vous facturez alors la TVA tout en restant micro-entrepreneuse. La qualification reste exigée.

Quelles aides pour s'installer comme esthéticienne ?+

Trois aides sont à intégrer au plan de financement pour s'installer comme esthéticienne : l'Acre, qui réduit vos cotisations sociales pendant les premiers trimestres et se demande à l'Urssaf dans les 60 jours suivant le début de l'activité ; l'ARE ou l'Arce si vous êtes indemnisée par France Travail ; et les prêts d'honneur, utiles pour financer un appareil ou l'aménagement d'une cabine avant de voir la banque. Notez le délai de l'Acre dès votre immatriculation.

Une esthéticienne peut-elle faire de l'épilation au laser ?+

Oui. Depuis le 27 mai 2024, l'épilation au laser et à la lumière pulsée intense à visée non thérapeutique est ouverte aux personnes qualifiées en esthétique, comme aux médecins et aux infirmiers (code de la santé publique, art. D. 1151-2). Une formation socle est exigée : quatre jours pour le laser, deux jours et demi pour la lumière pulsée, plus une journée de premiers secours, à valider au plus tard le 1er septembre 2027 (arrêté du 19 février 2025).

La RC Pro est-elle obligatoire pour une esthéticienne ?+

Oui selon service-public : en tant que professionnelle d'une activité réglementée, il faut souscrire une assurance de responsabilité civile professionnelle (fiche F36070 ; même principe dans la fiche F23668). Ces fiches ne citent pas le texte qui l'impose. Dans tous les cas, souscrivez-la avant votre première cliente, faites-y nommer chaque technique pratiquée (cire, laser ou lumière pulsée, cils, maquillage permanent) et gardez l'attestation.

Quelle convention collective dans un institut de beauté ?+

Selon le Code du travail numérique, la convention collective nationale de l'esthétique-cosmétique et de l'enseignement technique et professionnel lié aux métiers de l'esthétique et de la parfumerie du 24 juin 2011 (IDCC 3032). Elle ne concerne que vos salariés : si vous embauchez, vérifiez qu'elle s'applique bien à votre entreprise et lisez sa version à jour sur Légifrance avant la première embauche.

Peut-on être esthéticienne à domicile ?+

Oui. La qualification exigée est la même qu'en institut : CAP, BEP ou diplôme de niveau égal ou supérieur en esthétique, ou attestation de la chambre de métiers et de l'artisanat après 3 ans d'expérience (code de l'artisanat, art. R. 121-1 à R. 121-4). Assurez votre véhicule pour l'usage professionnel (fiche F23668), remettez une note dès 25 € TTC et, pour une prestation convenue chez la cliente, tenez compte du droit de rétractation de 14 jours.

Un logiciel de caisse est-il obligatoire pour une esthéticienne ?+

Non, si vous bénéficiez de la franchise en base de TVA : vous en êtes dispensée (code général des impôts, art. 286). Si vous êtes assujettie à la TVA et enregistrez les paiements de vos clientes dans un logiciel ou un système de caisse, il doit garantir l'inaltérabilité, la sécurisation, la conservation et l'archivage des données, justifiés par un certificat ou une attestation de l'éditeur. L'article 286 doit être abrogé au 1er janvier 2027 : les références seront à revérifier.

Combien gagne une esthéticienne indépendante ?+

Aucune source officielle ne publie de revenu « type » pour une esthéticienne indépendante. Faites votre propre calcul : nombre de soins par semaine, multiplié par votre prix moyen et par vos semaines de travail, moins vos charges (produits, local, appareils, assurances), puis les cotisations sociales et l'impôt. Le guide détaille la formule et ce qui est prélevé.

Quel budget pour ouvrir un institut de beauté ?+

Il dépend du local, des travaux, des appareils (un laser ou une lumière pulsée change tout) et de votre zone : nous ne publions pas de fourchette, faute de source officielle. Chiffrez votre projet poste par poste dans un business plan, sur devis, et faites-le relire par un expert-comptable ou votre chambre de métiers et de l'artisanat avant de rencontrer la banque.

Quel code NAF pour une esthéticienne ?+

96.02B « Soins de beauté », dans la nomenclature de l'Insee (NAF rév. 2). Cette sous-classe comprend les conseils en beauté et les soins du visage et de la peau (maquillage, traitement anti-rides, massages faciaux à vocation esthétique), les soins de manucure et des pieds à vocation esthétique, et l'épilation. C'est un code statistique : la qualification exigée relève, elle, du code de l'artisanat.

Méthodologie

Comment Auxeli a vérifié ce guide

Les articles de code et les arrêtés cités ont été lus sur Légifrance quand nous l'indiquons, les autres règles sur les fiches officielles qui les reprennent. Les positions de l'administration (fiches service-public, pages d'une agence régionale de santé) sont présentées comme telles, et quand une question n'est pas tranchée par les textes que nous avons lus, nous le disons et vous renvoyons vers l'organisme compétent. Ce que nous n'avons pas pu confirmer sur une source officielle n'est pas publié : aucun prix, aucun budget ni aucun revenu « type » n'est avancé. Les organismes de formation et les vendeurs d'appareils ont un intérêt à présenter leurs services comme obligatoires : chaque obligation citée ici vient d'un texte ou d'une fiche officielle, pas de leurs sites. Les conseils pratiques viennent de l'expérience de professionnelles et sont présentés comme tels. Le détail de notre démarche est expliqué sur notre page méthodologie.

Sources consultées

Les détails communs à tous les indépendants (boutons « Afficher le détail ») sont sourcés et datés sur leur page : Créer son activité indépendante, Micro-entreprise : statut, impôts, cotisations, Assurances de l'indépendant, Caisse, note et facturation, Local recevant du public, Revendre ou arrêter son activité et Réseaux sociaux de l'indépendant local.

Dernière vérification de l'ensemble du guide : 4 octobre 2026.